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Traduction/Translation

dimanche 28 juin 2015

Sécheresses en Série

Traduction/adaptation de l'article "It’s Not Just Sao Paulo — Much of South America and Caribbean Swelters Under Extreme Drought"
paru ici: https://robertscribbler.wordpress.com/2015/06/26/its-not-just-sao-paulo-much-of-south-america-and-caribbean-sweltering-under-extreme-drought/

Merci à Robert Scribbler auteur et propriétaire de ce blogue https://robertscribbler.wordpress.com pour l’accord donné à la traduction et l'adaptation de cet excellent article et à l'utilisation de ses images et graphiques.

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      À Sao Paulo, une mégapole Latine de 20 millions d'habitants, vous ne le savez probablement pas mais il y règne une sécheresse tenace et le réseau d'aqueduc public est coupé parfois jusqu'à trois jours d'affilé. Imaginez-vous sans eau pendant trois jours plusieurs fois par mois. En dépit des ces coupures draconiennes, le Réservoir Cantareira est maintenant à 9% sous la limite utilisable. Un niveau tellement bas que les gestionnaires ont du installé des tuyaux supplémentaires pour pour y prendre l'eau. Une pratique controversée car le fait de puiser l'eau si bas dans le réservoir va non seulement tuer des poissons, mais cela va aussi envoyer plus d'eau polluée comme dans la mousseuse Rivière Tiete (assurez-vous de voir les 4 photos) ainsi que dans les réserves d'eau pour la bain et pour boire.

Le Réservoir Cantareira semble sec comme un vieil os depuis plus de 18 mois. Les restrictions sévères ont permis de stabiliser le niveau du réservoir.
Photo source: UOL.

Au moins, les coupures dramatiques pour l'utilisation de l'eau semblent avoir ralenti, sinon stoppé la baisse du réservoir clef. Le niveau s'est maintenu à environ -9% sous la limite minimale depuis la fin de la saison des pluies il y a deux mois. Mais Sao Paulo a encore au moins quatre mois de saison sèche à traverser alors que la météo pour la plus grande ville du Brésil ainsi que pour la plus grande partie du pays, de la Colombie et des Caraïbes demeure exceptionnellement sèche.

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        La sécheresse s'étend sur la majeure parti de l'Amérique du Sud et des Caraïbes

On a porté beaucoup d'attention à la sécheresse de Sao Paulo. Ceci est certainement du à la situation extrême qui met en danger immédiat les 20 millions de personnes qui y vivent avec un rationnement très sévère de l'eau et un risque accru de maladies transmises par l'eau. (Voir Dengue Fever strikes Sao Paulo La fièvre de Dengue frappe Sao Paulo). Cela stimule aussi la migration des gens vers des régions moins sévèrement touchées par les problèmes d'eau. Mais la vérité silencieuse, celle dont on entend peu parler, c'est que de vastes parties de l'Amérique Latine sont aussi aux prises avec la sécheresse extrême qui sévit.

La carte des déficits et ses surplus de précipitation des 6 derniers mois montrent une sécheresse sévère largement répandue.  Image source: NOAA’s Climate Prediction Center.

La sécheresse est centrée sur la forêt pluvieuse de l'Amazone, maintenant largement dépouillée d'arbres et envahie d'habitations humaines. À cet endroit, le déficit de pluie sur six mois est de 400 mm ou plus. C'est un niveau de sécheresse vraiment hors de l'ordinaire dans cette région qui alimente en eau essentielle états et pays environnants. Des années de coupage à blanc et à brûler de grandes superficies pour permettre, entre autres, l'élevage de bovins en plus des  températures à la hausse causée par nos émissions de gaz à effet de serre ont prélevé un lourd tribut à l'Amazone. Sa résilience est maintenant compromise par les sécheresses récurrentes au moment où des centaines de feux de forêts font rage dans le silence médiatique à chaque année.

Tous ces bouleversements accélèrent le rythme du réchauffement climatique ; d'un coté il y a un surcroit de CO2 d'ajouté à l'atmosphère quand ces immenses forêts brulent, et de l'autre, l'absence de ces millions d'arbres ne retire plus des millions de tonnes de CO2 de l'atmosphère.

Le climat qui se réchauffe et la perte massive d'arbres qui dérègle le cycle des pluies dans toute la zone affectée, tout cela dégrade davantage la forêt équatoriale et la fait lentement mourir. Les pires années sont les années El Niño quand les eaux surchauffées du Pacifique équatoriale favorise le potentiel de sécheresse de tout l'Amazone et du Nord du Brésil ; l'El Niño de 2015 accroit la sévérité des sécheresses et frappe le coeur, c'est à dire le bassin de l'Amazone et les forêts (qui étaient) pluvieuses environnantes.

 

La sécheresse qui prévaut et s'intensifie sur l'Amazone a des répercussions qui vont beaucoup plus loin. La région agit comme une immense réservoir d'humidité atmosphérique qui propage des rivières aériennes vers le Nord, le Sud et l'Est. De cette manière, un Amazone de forêts pluvieuses en santé génère des nuages sur de vastes régions, permettant ainsi la pluie sur la Colombie, les Caraïbes et sur tout le Brésil. Mais les forêts pluvieuses sont endommagées ; le réchauffement, les sécheresses étouffantes de chaleur et la déforestation (soit par les coupes à blanc, soit à bruler de grandes superficies), la forêt pluvieuse perd de son habilité à envoyer ces salvatrices artères aériennes d'humidité et de nuages ; à la place, c'est son coeur qui s'assèche.

Souvent visible depuis les air, les arbres de l'Amazone relâchent d'immenses nuages de vapeur d'eau dans l'atmosphère. Ces rivières aériennes sont  en voie de s'assécher à mesure que l'Amazone se réchauffe via nos gaz à effet de serre, brûle sans que personne n'en parle et est coupé à blanc sous prétexte de développement. Image source: Climate News Network.

Cela signifie qu'à quelques endroits en Colombie, des résidents ont souffert de sécheresse depuis plus de trois ans. À La Guajira, des résidents meurent par manque d'eau et de produits associés dans les magasins

Selon les chiffres officiels, 26 enfants sont morts de malnutrition à La Guajira en 2013, 48 en 2014 et 11 durant les six premiers mois de 2015.

La situation est complexe car la majeure partie de l'eau puisée dans le peu qui reste des réserves souterraines va maintenant vers les fermes (industrielles) internationales ou la plus vaste mine de charbon à ciel ouvert de la planète. Il en reste donc très peu pour les résidents et le peu qui reste est souvent de l'eau salée et/ou polluée. 

 

Aux Caraïbes, plus de 1 500 000 habitants sont maintenant affectés par la sécheresse et plusieurs font face à un rationnement stricte de l'eau. Manque d'eau, récoltes qui dépérissent, bétail mort et impacts sur l'industrie touristique ont eu des répercussions négatives sur les îles de Puerto Rico en passant par Sainte-Lucie et puis Cuba jusqu'à la République Dominicaine. 

Justement, en République Dominicaine la situation se dégrade rapidement, les ingénieurs civils clament qu'il ne reste même pas 30 jours de réserve d'eau pour plusieurs villes du pays. Des rapports provenant d'autres régions, comme Haïti sont incomplets mais les indications sont qu'Haïti est aussi touché. Haïti est presque complètement dépourvu d'arbres et cela résulte en une résilience très atténuée à n'importe quelle sorte de météo extrême.

Avec El Niño qui prend encore de la vigueur et aussi avec les températures globales qui continuent de grimper grâce à nos émissions de gaz à effet de serre, elles aussi toujours en croissance et maintenant à plus de 400 ppm de CO2 pour la première fois en au moins 3 millions d'années.

Le réchauffement s'accélère car les rétroactions climatiques se sont engagées : qu'on pense à la perte de glace maritime sur l'océan Arctique, au pergélisol qui dégèle et relâche de plus en plus de CO2 et de méthane, aux incendies de forêt qui envoie des résidus sur le Groenland qui le fait fondre plus rapidement, aux océans surchauffés qui font de plus en plus d'évaporation ce qui fait aussi grimper le réchauffement car la vapeur d'eau est un puissant gaz à effet de serre...
Au cours de 2015, les conditions de sécheresse pour l'Amazone, le Brésil, la Colombie et pour les Caraïbes vont très probablement s'aggraver pour au moins les six prochains mois. À ce stade, il est essentiel de rappeler que la terrible sécheresse n'est pas confinée qu'à Sao Paulo, mais s'étend à depuis l'Uruguay, passe par le Brésil, le Venezuela, la Colombie et à travers la majeure partie de l'archipel des Caraïbes.

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     Les autres endroits sur la planète où une sécheresse sévit : 
 
- Europe de l'Est et Grande Bretagne, la sécheresse gagne du terrain.
- Asie, la sécheresse continue dans les parties Est et plus sévèrement encore au Sud-Est.

- Indes, la canicule qui a tué plus de 1 700 personnes a aussi mené à des pénuries d'eau.
- Afrique, la sécheresse se poursuit sur la région équatoriale et dans le Sud.
- Pakistan, pour réduire l'intensité de la canicule, le gouvernement Pakistanais songeait sérieusement à ensemencer les nuages pour tenter de faire pleuvoir.
- Amérique du Nord, il y a évidemment la Californie en situation quasi désespérée et la partie Ouest des USA et dans des parties sont affectées dans les prairies Canadienne, les Grand-Lacs et la nouvelle Angleterre.
- Australie, la sécheresse s'acharne sur le continent. À la mi-Mai dans le Queensland, la sécheresse affectait 80% du territoire, un triste record! 

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      En terminant, Sécheresse en Alaska...

... Pas vraiment, mais il y a faut très chaud et l'hiver a été de loin le plus doux jamais enregistré. Résultat de la modification du climat, des feux de forêt en série. Il y en avait 319 en activité le 28 Juin. seulement en Alaska!



  Merci de m'avoir lu et svp. penses aux autres : partages...

jeudi 25 juin 2015

Un "Blob" S'attaque à la Glace

Article original "Hot Blob #2 Takes Aim at Sea Ice — Abnormally Warm Waters Invading the Arctic Through Bering and Chukchi" paru ici: https://robertscribbler.wordpress.com/2015/06/23/hot-blob-2-takes-aim-at-sea-ice-abnormally-warm-waters-invading-the-arctic-through-bering-and-chukchi-seas/
Merci à Robert Scribbler auteur et propriétaire de ce blogue https://robertscribbler.wordpress.com pour l’accord donné à la traduction et l'adaptation de cet excellent article et à l'utilisation de ses images et graphiques.

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     On a observé avec beaucoup d'attention un "Blob' (masse d'eau anormalement chaude) sur la surface Nord-Est du Pacifique et pour d'excellentes raisons. Ce "Blob" causé par le réchauffement du à nos émissions de gaz à effet de serre a  des impacts négatifs sur la vie marine et la météo. Maintenant, il y a un second "blob" dans la Mer de Béring et la Mer des Tchouktches ( Chukchi en Anglais). Ce "Blob" ci pourrait avoir d'autres effets significatifs à mesure que l'été 2015 se poursuit... On va l'appeler le "Blob No2 car le No1, l'original, est juste sous l'Alaska.

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     De l'eau anormalement chaude se rue vers la glace Arctique

Le "Blob" No2 est une vaste étendue d'eau chaude s"étendant de la Mer des Tchouktches à la Mer de Béring entre l'Alaska (où il y a actuellement plus de 160 feux de forêt)  et le Kamtchatka. Il englobe une vaste région d'environ 1 300 km de diamètre d'eaux de surface normalement très froides qui sont maintenant de 3°C à 5,5°C au-dessus de la normale. Ces 'Blobs" sont anormalement chauds jusqu'à une profondeur de 100 mètres ou plus. Ce "Blob" No2 d'eau trop chaude est alimenté par des courants venant du Sud et par les masses de terre surchauffées par des vagues de chaleur des dernières semaines qu'ont subi la Sibérie et l'Alaska.

Le "Blob" d'eau chaude No2 se forme dans la Mer de Béring et il est poussé vers le Nord en direction de ce qui reste de glace maritime dans l'Arctique. La carte ci-dessus des anomalies de température de surfaces maritime montre de l'eau de surface anormalement chaude faisant son chemin dans le cercle arctique par les courants dominants.
Source de l’image :
Earth Nullschool.

Un des courants qui transporte cette eau chaude est le Courant Côtier de l'Alaska qui sort directement du "Blob" No1 dans le Nord-Est du Pacifique. Ce courant s'écoule le long du Plateau Continental de l'Amérique du Nord, passe la chaine des îles Aléoutiennes pour se retrouver dans la Mer de Béring. Un second courant, le Courant Côtier Sibérien  lui aussi se déverse dans la Mer de Béring depuis le Plateau Continental Asiatique. Ces deux courants se combinent et poussent ensuite l'eau de la Mer de Béring vers la Mer des Tchouktches au Nord, via le Détroit de Béring.

La propagation vers le Nord de ces courants au printemps et en été joue un rôle critique en ce qui concerne le taux de récession de la glace maritime dans les mers de Béring, desTchouktches, de Beaufort et dans la mer Mer de Sibérie orientale. Les eaux réchauffées par le soleil et par les masses continentales surchauffées par les vagues de chaleur successives s'amplifient dans le Détroit de Béring avant de faire contact avec la glace et d'accélérer sa fonte.
Un Morse en perte d'habitat dérive en mauvaise posture sur la Mer des Tchouktches.

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     Les impacts sont déjà visible le long de la côte

Cette année, les eaux dans le détroit y sont extraordinairement chaudes atteignant 5,4°C au dessus de la moyenne. Cet amas d'eau de 5°C au dessus de la norme arrive dans la région au moment où le soleil frappe les mers avec la plus forte intensité de l'année lorsque la Sibérie, mais surtout l'Alaska ont subi les températures les plus chaudes jamais enregistré. 

Ces eaux d'une température de 7°C à 8°C sont plus que suffisamment chaudes pour s'attaquer à la glace maritime et la faire fondre très rapidement ; et elles foncent droit dessus.
Ce qui manque à cette photo, c'est de la neige et la glace qui normalement devrait monter sur la berge. La glace y fond rapidement et on voit son recul ; au large, on voit de  vastes étendues d'eau libre. Rien n'est moins normal... Source de l'image :  Barrow Ice Cam.

Autre fait inhabituel, l'eau et l'air chaud du 22 Juin ont grandement accéléré la fonte, car hier, sur l'image ci-haut, la glace se rendait à la berge et on ne voyait pas d'eau libre au loin mais il y avait des flaques d'eau sur la glace. Un changement plutôt extrême pour la glace maritime à Barrow en Alaska et un retrait rapide vers le pôle Nord du couvert de glace.

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      Les simulations numériques montrent une forte tendance vers un retrait substantiel du couvercle de glace maritime


Quand on regarde le cercle arctique, on voit que le condition du couvert de glace s'est aminci de beaucoup et qu'il y a de vastes flaques d'eau de fonte à sa surface ainsi que des flux de glace de plus en plus déstructuré dans les mers mentionnées plus haut. La glace près des rives de la Mer se Sibérie orientale on pris une éclatante teinte bleutée à l'apparence de verre indiquant là aussi la formation de grandes flaques d'eau de fonte. Des crêtes de glace compactée s'amoncellent dans la Mer de Sibérie orientale selon un axe pointant vers le Nord. Dans la Mer des Tchouktches, la glace maritime s'amincit de plus en plus et son recul s'accélère là aussi alors que la glace sur la Mer de Beaufort se brise et se disperse tout en fondant lorsqu'elle entre en contact avec de l'eau de surface chaude apportée par le fleuve Mackenzie, comme nous l'avons dans cet article traduit de Arctic-news.

 Ci-dessous, une visualisation de l'amincisssement des glaces sur l'océan Arctique du mois de mai 2015, on voit la date (en format Anglais : année, mois, jour) qui défile à en haut à droite.
Ci-dessous une
La simulation ARCc montre un amincissement accéléré dans les Mers de Beaufort et celle des Tchouktches jusqu'au 30 Juin 2015. Source : US Navy
Index : le noir montre 5 mètres d'épaisseur de glace et le blanc 0


La simulation historique et de prévision ARCc de la Navy montre l'amincissement rapide de la glace maritime du 30 mai au 30 juin, et les prévisions pour la semaine qui vient montrent que l'amincissement va s'accélérer, et probablement de beaucoup.

Dans l'ensemble, en tenant compte des tempêtes qui font rage sur une bonne partie de l'Arctique, cela va accroître le rythme de dispersion et cela va rendre les pertes plus difficiles à analyser d'ici fin juin, début juillet. En dépit des conditions météo qui vont affecter la vitesse de la disparition des glaces, le fait demeure qu'une immense nappe d'eau chaude se dirige vers les glaces et que son impact sera important.

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     Pourquoi cela alarme-t-il tant la communauté scientifique?
 
La perte de glace sur l'océan Arctique va grandement accéléré le réchauffement de l'atmosphère et des océans, et surtout celui de l'océan Arctique ce qui aura des répercussions encore plus importantes sur le dérèglement climatique. Mais surtout, sur le fond de l'océan Arctique se trouve des milliards de tonnes d'hydrates de méthane, un très poussant gaz à effet de serre, à court terme, et qui se relâche déjà dans l'atmosphère du cercle Arctique à un rythme qui, lui aussi, s'accélère. À un certain point, il y aura une (ou plus) vaste éruption de méthane ; une faille s'ouvrira quand la glace qui le scelle fondra suffisamment et ne pourra plus résister aux pressions.
Voir : Le méthane, l'arme fatale des changements climatiques.


Pensez à alerter vos familles et vos amis, vos voisins ainsi que votre gouvernement municipal et tous les autres des changements climatiques. Ce n'est pas lorsque le train des changement climatiques frappera notre petit village global et nous propulsera vers l'extinction de l'espèce qu'il sera temps de le faire.

jeudi 18 juin 2015

LITTLE AIR & LITTLE WATER

          How much air is there on Earth?
     How much water is there on Earth?           

A simple question needs a simple answer
The green marble = all soft, salted and frozen water  
The pink marble  = all the atmosphere

IL Y EN A SI PEU

     Combien y a-t'il d'air sur Terre?
Combien y a-t'il d'eau sur Terre?      

À question simple, il y a réponse simple...
La bille verte = toute l'eau douce, salée et gelée     
La bille rose = tout l'atmosphère

Pas de Pause — La Température va Grimper Rapidement

Article original "Pause? What a Joke. The Reality is Global Temperatures are Skyrocketing." paru sur : https://robertscribbler.wordpress.com/2015/06/15/pause-what-a-joke-the-reality-is-global-temperatures-are-skyrocketing/
Merci à Robert Scribbler auteur et propriétaire de ce blogue https://robertscribbler.wordpress.com pour l’accord donné à la traduction et l'adaptation de cet excellent article et à l'utilisation de ses images et graphiques.

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Aujourd'hui, la NASA annonce que les cinq premiers mois de 2015 sont les plus chauds jamais enregistrés pour cette même période au cours des années, et ce par une marge très significative.

Selon la division GISS (Goddard Institute for Space Studies) de la NASA, le mois de Mai 2015 a été de 0,71°C plus chaud que la moyenne du 20ième siècle. Cela égale 2012 pour le deuxième mois de Mai le plus chaud depuis 1880, année où on a commencé officiellement à tenir des registres sur les températures.


Mais ce qui sort vraiment de l'ordinaire, c'est qu'une fois qu'on fait la moyenne ; Janvier (+0,75°C) Février (+0,82°C) Mars (+0,84°C) Avril (+0,71°C) et Mai à (0,71°C), les cinq premiers mois de l'année sont 0,766C plus chaud que la ligne de base (moyenne) du 20e siècle. C'est environ 0,96°C plus chaud que les valeurs de 1880. Nous approchons rapidement du seuil de 1°C et des impacts climatiques encore plus dangereux que cela représente. 


[NDT : Plusieurs climatologues et physiciens voulaient que le GIEC pose la limite du réchauffement global à 1°C et non à 2°C. Cela n'a pas été annoncé sur le site du GIEC mais apparemment, la limite serait tombée à 1,5°C il y a moins de deux semaines (voir cette vidéo) suite à des discussions avec les pays pauvres. Cependant, un effort international immense (et très peu probable) serait nécessaire pour maintenir sous cette limite. Ce n'est pas moi qui le dit.]

 Graphique de NASA GISS avec une étoile ajoutée pour marquer le
réchauffement des 5 premier mois de 2015 (See also here.)

Si 2015 devait se maintenir sur cette trajectoire, la mesure finale serait où se trouve l'étoile rouge sur l'image ci-haut. Avec la première moitié de Juin montrant de +0,7°C à +0,85° au-dessus de la moyenne du 20e siècle et un El Niño qui gagne en puissance dans l'océan Pacifique sur l'équateur, il apparaît fort probable, et il est même presque certain que le réchauffement de l'atmosphère pourrait maintenir la tendance actuelle et même la dépasser d'ici la fin de l'année.
La NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Agency) a récemment démontré que le réchauffement avait gardé son rythme ; qu'il n'y avait pas eu de ralentissement dans le réchauffement global entre 1998 jusque vers 2013 comme on le croyait. Voir cet article antérieur sur le Climatoblogue. Car si on compare les nouvelles données, +0,76° est 0,15°C plus chaud que 1998, l'année du super El Niño, cela efface le ralentissement qu'on croyait voir avant la récente étude.

Ce ralentissement présumé a longtemps servi de cheval de bataille aux groupuscules (et trolls) financés par l'industrie des combustibles fossiles (notamment par les 2 frères Koch) qui dénient les changements climatiques. Ils clamaient que l'effet réchauffant des gaz à effet de serre était en pause ou même que le réchauffement n'était pas causé par les gaz à effet de serre et toutes sortes d'autres conn... choses.
 

Ils prétendaient aussi que le climat était beaucoup moins sensible que le consensus de 3 ECS et 6 ESS (qui dit à la base qu'à chaque fois qu'on double la quantité de CO2 dans l'atmosphère, que la température monte de 3°C à court terme et de 6°C après plusieurs siècles (selon le taux de 280 ppm de CO2 avant l'ère industrielle). Cette prétention a été elle aussi démontrée fausse dans cet excellent rapport publié plus tôt ce mois-ci par la NOAA (en Anglais).

Extrait du communiqué de presse de la NOAA du 4 Juin au sujet de leur résultat de recherche :

Une nouvelle étude publiée en ligne aujourd’hui dans le journal Science montre que le taux de réchauffement global durant les 15 dernières années a été aussi rapide, ou plus rapide, qu'observé au cours de la dernière moitié du 20ième siècle. L'étude réfute la notion qu'il y a eu un ralentissement ou "hiatus" du taux de réchauffement ces dernières années.
Il y a eu, comme on devait s'y attendre, plusieurs réactions enflammées et virulentes de la part des médias et des politiciens qui dénient les changements climatiques qui ne méritent pas d'être mentionné à ce moment précis (AW et BT j'aurai quelque chose pour vous plus tard cette année).
[NDT : Cet article a été rédigé aux USA où le mouvement de ceux qui nient les changements climatiques est bien financé et organisé par les intérêts de l'industrie des combustibles fossiles, frères Koch en tête. Je ne sais pas qui sont AW et BT sinon que ce sont certainement des personnalités dans le camp de ceux qui nient malgré toutes les évidences les changements climatiques. Personnellement, si j'étais chef d'entreprise, je m'assurerais de pouvoir faire de l'argent en évitant la fin du monde. On en revient encore à la psychopathie puisque c'est vraiment ce que c'est...]

Mais les données de la NOAA sont étonnamment claires comme cela est démontré dans le graphique ci-dessous.
      L'accumulation de Chaleur dans les Océans S'accélère elle Aussi
De toute évidence, n'importe quel observateur rationnel qui surveille l'accumulation de chaleur dans les premiers 2000 mètres des océans, ou encore la rapidité croissante à laquelle se déstabilisent les glaciers du Groenland et de l'Antarctique savait déjà que le hiatus auquel les autres faisaient référence était une sorte de farce malsaine.

Les océans capturent beaucoup plus de chaleur émise par le rayonnement solaire, mais nos émissions de gaz à effet de serre empêchent cette chaleur de retourner vers l'espace (sous forme de radiations infrarouges comme nous l'avons vu dans cet article). L'océan peut retenir beaucoup plus de chaleur que l'atmosphère ; effectivement, les océans retiennent 93,4% de toute la chaleur en surplus. C'est une immense quantité de chaleur dont le destin est d'accélérer la fonte aux pôles et d'envahir l'atmosphère.
Contenu global de la chaleur dans les océans tel que fourni par la NOAA NODC qui montre l'extraordinaire accumulation de la chaleur avec une inquiétante tendance à la hausse à la fin du graphique.

Cette dernière partie du graphique indique clairement que le réchauffement des océans aussi s'accélère de plus en plus rapidement. C'est une de ces nombreuses courbes qui donne un profond malaise à ceux qui suivent l'évolution de changements climatiques causé par l'accumulation de nos gaz à effet de serre à un rythme au moins 6 fois plus rapide que toute l'histoire de la Terre a connu.

Il apparaît maintenant que l’atmosphère est en voie de rattraper les océans ; le El Niño particulièrement intense va relâcher une bonne quantité de chaleur dans l'atmosphère ce qui va s'ajouter aux gaz à effet de serre, soit plus de 400 ppm de CO2 et 480 ppm en CO2e (e pour équivalent, c'est une moyenne combinée (et approximative) de tous les gaz à effet de serre).

Cela devrait tous nous inquiéter au plus haut point. Je viens de lire au sujet de l'immense marée rouge sur presque toute la côte ouest Américaine ; du jamais vu. Et ce n'est qu'un des nombreux impacts des changements climatiques.
 

samedi 13 juin 2015

Les Plus Récentes Nouvelles Climatiques


     Les nouvelles des derniers jours....

     J'ai écouter 5 ou 6 conférences depuis une semaine sur les changements climatiques et la Géo-ingénierie et j'en ai appris encore davantage ; c'est vraiment un sujet inépuisable mais encore sans bonnes nouvelles... De plus, je viens de commencer la lecture d'un livre gratuit http://www.withouthotair.com/download.html et disponible en plusieurs langue qu'a écrit le Professeur David MacKay de l’Université de Cambridge (La vraie, celle en Angleterre.)
Il dit : Vous savez, on entend jours dire d'en faire un petit peu, comme débrancher le chargeur de votre cellulaire lorsqu’il est chargé : si tout le monde en fait un petit peu, nous n’arriverons qu'à faire qu’un petit peu. Il faut en faire beaucoup !
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     Les failles du GIEC

Dans cette vidéo-ci : "Flaws in the IPCC process" (Failles dans le processus du GIEC) https://www.youtube.com/watch?v=b4w8LudW_2g le Dr. Saleemul Huq, l'Auteur Principal de chapitre sur l'adaptation du GIEC, j'en ai appris quelques unes.

  1. Après avoir rencontré quelques pays pauvres, dont le Bangladesh et Les Philippines, il a été décidé de réviser à la baisse la cible de 2°C de limite au réchauffement global à 1,5°C. Pourquoi? Parce que la cible de 2°C était au détriment des pays plus pauvres qui seraient incapables de faire face aux conséquences, alors que les pays riches étaient plus à l'abri. Ils disent que c'est possible de na pas dépasser le 1,5°C, mais que ça prendrait un effort monumentale de la civilisation toute entière, comme quoi les changements climatiques, ça concerne vraiment chacun de nous.
  2. À cette question : est-ce que les rapports du GIEC servent encore le but pour lequel ils ont été conçus?  Le Dr. Saleemul Huq répond que l'aspect scientifique est encore le fer de lance des rapports et que ceux-ci sont le summum en la matière. (Je passe sous silence la dizaine de commentaires qui me viennent à l'esprit,) et le Dr Hug poursuit : cependant dit-il il faudrait que les décideurs aient les réponses et avis beaucoup plus rapidement, un rapport tous les 7 ans environs est nettement insuffisant pour répondre aux besoins des décideurs (nos politiciens). Aussi, ajoute-t-il, les rapports du GEIC sont obsolètes des leurs sortie car les rapports de recherche scientifique dont se sert le GIEC sont lus et revus par le GIEC durant l'année précédent la sortie du rapport, mais les recherches scientifiques elles doivent d'abord êtres soumises à des journaux scientifiques, revues et approuvées par des pairs, processus qui prend au moins une année mais souvent deux. Donc la science du GIEC est en retard sur la réalité.
  3. Les rédacteur principaux rédigent leurs chapitres respectifs : inventaire des gaz à effet de serre, mitigation, adaptation etc. Ils établissent des scénarios différents mais n'en recommandent aucun, puis vient le résumé pour les décideurs qui lui est révisé par les représentants des différents pays et eux sont sensé décider, ou soumettre à leur gouvernements les décisions à prendre. (Vous souvenez-vous des décisions qu'à pris votre gouvernement dans la lutte aux changements climatiques? Et vu qu'ils ne décident rien, on pourrait se ramasser littéralement cuits à +8°C ; presque rien n'y survivrait...)
  4. Une autre question a été posée au Dr, Hug : Est-il vrai que le GIEC ne se fie qu'à leur modèles informatiques? L'autre jour, le Dr. Peter Wadhams, qui va étudier l'Arctique sur place presque à chaque année depuis 40 ans, me disait que le GIEC ne prenait pas au sérieux la menace que représente le méthane enfouie dans le fond de l’océan Arctique, mais qui risque de s'échapper en quantité... gigantesque. Sur cette question, le Dr Hug n'a pas de réponse précise...
    Mais tout ce que j'ai vu et lu sur ce sujet me démontre qu'effectivement, le GIEC ignore la menace méthane de l'Arctique et qu'il privilégie les modèles informatiques idéalisés aux données venant de la réalité. Pour "boucher" le problème du méthane, ils ont fait une modélisation qu'ils ont nommé "Bob l'Éponge" et ont conclu depuis ce modèle que le méthane ne serait pas une menace avant des centaines d'années sinon des millénaires. Pendant ce temps le niveau de méthane atmosphérique ce cesse de grimper dans l'Arctique comme décrit dans cet article antérieur.

    Des étudiants mettent le feu à du méthane après avoir percé la glace.http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-2298728/Usually-I-catch-The-ecologist-detonate-thousands-methane-bubble-grenades-trapped-frozen-lake.html
  5. Ils ont aussi fait une autre simulation pour dire qu'avec le réchauffement global, le courant Jet devrait circuler normalement, et non pas comme il le fait maintenant. C'est à n'y rien comprendre ! Nous savons et voyons grâce aux satellites à quel point il est tordu et brisé. Je peux même le vérifier quand je veux ! Vous le trouvez normal ce courant Jet? Comme vous le voyez en haut à droite, la date indique le Jeudi 11 Juin 2015. Je vous recommande d'aller faire un tour sur le site mentionné dans la légende, c'est super instructif entres autres.

  6.   Source : http://cci-reanalyzer.org/DailySummary/
Ci-dessous, un courant Jet typique du bon vieux temps en saison estivale...



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     Parlons du "Blob"

Il y a quelque temps, dans mon article sur El Niño, je vous ai parlé du "Blob" dans le Pacifique Nord. Il était prévu qu'il relâcherait de la chaleur dans l'atmosphère et j'avais dit que j'en doutais un peu. Hé bien, voilà qu'il se réchauffe davantage alors qu'il aurait du se refroidir s'il avait relâché suffisamment de chaleur dans l'atmosphère...

Carte des anomalies de températures de surface océanique en date du 12 Juin 2015
Source : http://earth.nullschool.net/
On dirait vraiment qu'un second El Niño s'est formé dans le Pacifique Nord mais n'est aucunement causé par le véritable El Niño.

Pour ce qui est du "Blob", il s'est réchauffé de 1,5°C à 2°C en moyenne depuis le printemps 2014, ce qui est énorme. N'oubliez pas qu'il faut beaucoup plus d'énergie pour réchauffer de l'eau qu'il en fait pour réchauffer une même quantité d'air. De plus, ce long courant d'eau chaude à l'Ouest était à peine perceptible avant. Quand on dit que 93,4% de l'excès de chaleur va dans les mers et océans, vous voyez ce qu'on veut dire.

En plus de dérégler le climat de façon sévère, ce "Blob" est une menace pour toute la vie aquatique de cette région. L’eau chaude contient beaucoup moins d'oxygène, les poissons qui peuvent fuient, mais les mollusques et crustacés y meurent par millions. Les élevages de moules et d'huitres dans cette région ainsi que l'industrie de la pêche subissent des pertes énormes. Et où donc les mammifères marins peuvent-ils aller se réfugier et se nourrir? Toute la côte Ouest de l'Amérique devient lentement inhabitable à moins d'un retournement imprévu de la situation.

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     Encore dans l'eau chaude

Voyons ce qui se passe en Arctique avec Arctic News. Merci à Sam Carana pour l'autorisation à utiliser leurs textes et images. L'article source : http://arctic-news.blogspot.ca/2015/06/gulf-stream-brings-ever-warmer-water-into-arctic-ocean.html  duquel je n'ai traduit que l'essentiel.

Le Gulfstream transporte beaucoup de chaleur jusque dans l'Arctique, voyez la carte des anomalies de température ci-dessous pour avoir une idée. Le rouge/noir montre des différences de 4°C et plus par rapport à la moyenne, principalement en haut à droite, près de la Sibérie et vers le bas à gauche au Nord Yukon où se jette le fleuve Mackenzie comme nous l'avons vu récemment dans cet article.

Source : http://arctic-news.blogspot.ca/
En plus d'accélérer le fonte des glaces, il est clair que cet apport d'eau chaude augmente le risque de larges éruptions de méthane et augmente définitivement le taux de fuite du méthane actuel qui ne cesse de s'accroitre voir cet article antérieur. Je vous rappelle que le méthane est un gaz à effet de serre dont l'effet sur le réchauffement est instantané et qu'il est 150 fois plus puissant que le CO2 pendant ses premières années dans l'atmosphère et que ce taux diminue lentement jusqu'à 32 fois la puissance du réchauffement du CO2 après 100 ans.


Le méthane, c'est vraiment l'arme fatale des changements climatiques et personne ne peut prédire quand cette arme fera feu... 1 mois, 1 an, 5 ans, 10 ans peut-être... mais cela peut se produire à n'importe quel moment, peut importe ce qu'en dit Bob l'Éponge.
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     Donnez-moi, donnez-moi de l'oxygène...

Vous connaissez peut-être la chanson, mais connaissez-vous la réalité? Vous savez probablement que tout ce qui brûle consomme de l'oxygène ; pas d'oxygène et le feu s'éteint. C'est pareil pour nous, pas d'oxygène et on s'éteint.

Pour brûler des combustibles fossiles, ça prend aussi l'oxygène qui se trouve dans l'air ambiant. Votre auto, votre barbecue, votre fournaise à l'huile ou au gaz consomment tous de l'oxygène ainsi que toute vie animale. Mais voilà, à force de brûler du pétrole, du gaz et du charbon, l'oxygène dans l'air que l'on respire a diminuer de 570 parties par million depuis 1980 et le nombre d'arbres, plantes et de phytoplancton qui produisent tous de l'oxygène à partir de CO2 est en baisse. Les forêts brûlent ou sont coupées et 40% du phytoplancton est disparu depuis 1950 par la pollution mais principalement à cause l'acidification des océans causée par le CO2 qui y retombe. L'acidification diminue la capacité du phytoplancton a bâtir sa carapace de carbonate comme les huitres et autres mollusques et crustacés.
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Le plan pour la lutte au réchauffement mis au point par les scientifiques qui contribuent à Arctic news. C'est un plan pour sauver la Vie su Terre, et la nôtre aussi. Ce Plan est en Anglais. 
Il est urgent d'agir !
Pour qu'on agisse, nous devons être informé, et pour informer votre famille, vos amis et votre société c'est de partager le savoir. Faites circuler cet article, ce blog, ou d'autres qui ont trait aux changements climatiques. Faites aussi circuler le plan. Faites des pétitions auprès de vos représentants, manifester, harceler les médias pour qu'ils en parlent...

lundi 8 juin 2015

Changements Climatiques : Deux Bonnes Nouvelles...?


   Jusqu'à cette semaine, je n'avais jamais vu une bonne nouvelle au sujet des changements climatiques. Et la bonne nouvelle, c'est qu'à la suite d'un débat sur le climat tenu dans 75 pays samedi dernier, le 6 Juin 2015, il paraît que 78.8% des gens sont très préoccupés par le climat, comme le dit le titre "Près de 80% des citoyens «très préoccupés» par le climat, selon l'ONU" de cet article : http://www.lapresse.ca/environnement/climat/201506/07/01-4876025-pres-de-80-des-citoyens-tres-preoccupes-par-le-climat-selon-lonu.php

L'autre bonne nouvelle, cet article-ci : http://www.lapresse.ca/environnement/dossiers/changements-climatiques/201506/07/01-4876062-climat-les-emissions-de-la-chine-plafonneront-en-2025.php dit :
«Ce résultat suggère qu'il est de plus en plus probable que le monde évite un réchauffement mondial de plus de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels,» 

Ça semble être de bien bonnes nouvelles en effet...
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     Près de 80% des citoyens «très préoccupés» par le climat?

Si on lit le premier article, on comprend vite que la question n'était pas un sondage effectué dans les 75 pays auprès de la population, mais auprès de 10 000 personnes "choisies" par le GIEC et/ou l'ONU pour participer à des discussions sur le sujet des changements climatiques...

Le titre de l'article "Près de 80% des citoyens «très préoccupés» par le climat, selon l'ONU" ne me donnait pourtant pas cette impression. J'ai d'abord cru qu'il  s'agissait de près de 80% de la population en générale ; ce qui n'est certainement pas le cas au Québec ni en France à tout le moins. La nouvelle est nettement moins bonne...
Vu mon implication dans la communication et mon intérêt pour la science des changements climatiques, et ce que je perçois du public en général et autour de moi, la majorité de ceux que je rencontre n'ont aucune idée de l'ampleur de la situation ni des mécanismes, pourtant simples, en cause.

Les faux débats dans les médias en ont confondu plus d'un. D'autres ont tout simplement décidé de se détourner du sujet par écoeurement de ces dialogues de sourds. Les changements climatiques sont réels et notre CO2 en est bien la cause ; il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet quand on connait un minimum de science.

Conclusion, encore un faux titre véhiculant de faux espoirs!  La très grande majorité des gens sont confondus et divisés sur le sujet des changements climatiques et préfèrent tuer le temps avec des divertissements...
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     Éviter la limite de 2°C au Réchauffement Global?

 Cela est-il possible? Apparemment, ce l'est pour des économistes car  les auteurs de ce rapport sont deux instituts de recherche de la London School of Economics (LSE). Comme beaucoup, ces gens semblent se fier uniquement à nos émissions de CO2 pour faire leur prédiction.

De un, le CO2 n'est pas le seul gaz à effet de serre, il y a le méthane, le protoxyde d'azote (oxyde nitreux) et l'ozone en basse atmosphère. En plus, il y a les CFC.

De deux, nos émissions de gaz à effet de serre ont suffisamment modifié le climat four faire fondre la glace maritime sur l'océan Arctique, ce qui a fait chuter la quantité d'énergie solaire réfléchie vers l'espace et donc, les rayons solaires réchauffent l'eau de tout l'océan Arctique. Idem avec la neige qui fond plus tôt et tombe plus tard dans le cercle arctique ; le sol sombre absorbe plus de chaleur..

Surface de neige restantes en Mai 2015.

Cette seule rétroaction (il y en a bien d'autres), qu'il est impossible d'arrêter ou à mettre en marche arrière, a la capacité de doubler le taux de réchauffement que nos gaz à effet de serre occasionnent.

Il n'y a malheureusement jamais de bonnes nouvelles du côté des changements climatiques. Au moins, nous aurons été réjouis pendant quelques instants...

vendredi 5 juin 2015

Le Réchauffement Global n'avait pas Ralenti

J'ai décidé de faire un court article sur ce sujet parce que même s'il semblait démontré, cet hiatus, ou ce ralentissement du réchauffement de 1998 à 2012 m'a toujours paru suspect, car la physique du climat ne semblait pas le justifier.
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Une nouvelle recherche parue il y a quelques jours dans la revue Science et donc approuvé par des pairs, démontre qu'il n'y a pas eu de ralentissement dans le Réchauffement Global comme on l'avait d'abord cru, même si le GIEC en avait mention dans son 5e rapport publié en 2013/2014.

Source : NOAA
Dans ce rapport, le GIEC affirmait  que la tendance à la hausse des températures de 1998 à 2012 était notablement inférieur à la tendance de 1951 à 2012. Depuis ce rapport du GIEC, les scientifiques de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration
ont apportés des améliorations significatives dans le calcul des tendances, et utilisent maintenant des données de températures de surfaces globales qui incluent les données des 2 années les plus récentes, 2013 et 2014 - l'année la plus chaude enregistrée à ce jour.

Les calculs ont aussi utilisés des versions améliorées des données de surface océanique et terrestre. Une des améliorations les plus remarquables est une correction qui tient compte de la différence des données collectées par les bouées et par les navires.

De nouvelles analyses avec ces données démontrent qu'une couverture spatiale incomplète
avait aussi amené à des sous-estimations de la valeur réelle du changement de température global rapporté antérieurement par le GIEC en 2013. L"intégration de douzaines de séries de données ont amélioré la couverture spatiale sur plusieurs zones, incluant l'Arctique où les températures ont rapidement monté ces dernière décennies.

Donc, le ralentissement présumé de la hausse des températures était dû à des analyses qui manquaient de données, de corrections à faire sur les méthodes de mesure entre navires et bouées et l'ajout des années 2013 et 2014 qui permettent de mieux compléter le casse tête.

En se basant sur ces recherches, on constate que le taux de réchauffement de la température moyenne du globe  0,086°C par décennie de 1998 à 2012 alors que le GIEC avait calculé 0,039C.


À moins d'un imprévu majeur, comme un gros volcan qui enverrait des tonnes de poussière dans la haute atmosphère pour bloquer une partie du rayonnement solaire (un effet toujours temporaire), 2015 sera fort probablement une autre année record de température élevée. La période de Janvier à Avril est déjà la plus chaude jamais enregistrée et El Niño est en ville. Attendez-vous donc à une fin d'année chaude et turbulente. Aussi, l'océan Arctique connaîtra très probablement un record minimum de couverture de glace maritime ; ce qui laisse présager un avenir encore plus incertain et houleux.
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Un note finale, je viens d'écouter une (autre) conférence sur le climat, et en particulier le GIEC. Le consensus au sein du GIEC est un consensus de minimum. Si un pays dit que le niveau des océans ne montera que d'un mètre, alors un mètre de hausse du niveau des mers se retrouvera dans le rapport. C'est une des raisons qui fait que le GIEC arrive avec des chiffres et des mesures vraiment très en dessous de ce que la réalité risque apparemment d'apporter.

Le GIEC viendrait de diminuer leur limite de 2°C au réchauffement climatique à 1,5°C. La raison majeure, c'est que les pays pauvres, comme le Bangladesh et tous ces petits pays des îles du Pacifique entre autres ne pourraient survivre à 2°C de hausse de température moyenne globale. Mais il ne faut pas oublier que pendant que la moyenne globale est près de 0,9°C, l'Arctique s'est réchauffée d'au moins 5°C et l'Antarctique de 3°C, et c'est de là que viendra la hausse annoncée du niveau des océans d'au moins 7 mètres en 2070, n'en déplaise au consensus minimaliste GIEC et aux pays qui en disparaîtront...

La bille (verte) dans la moité de gauche représente tout l'air qu'il y a dans notre atmosphère et la bille (rose) dans la moitié de droite représente toute l'eau qu'il y a sur Terre, même celle qui est congelée au Groenland et en Antarctique
Merci à http://planet3.org/2012/05/10/if-you-put-all-the-water-on-earth-in-one-place/

mercredi 3 juin 2015

Le Méthane Monte en Flèche dans l'Arctique

Ceci est une traduction/adaptation de l'article "Arctic Methane Skyrocketing" publiée sur Arctic-news. Merci à Sam Carana et Arctic news pour leur collaboration et leur accord donné pour la traduction et l'utilisation de leurs graphiques et images. Merci aussi au Professeur Paul Beckwith pour ses analyses qui sont partiellement reprises dans cette article et pour sa vidéo.
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La carte ci-dessous montre les stations météo dans l'Arctique.
[NDT : des données de la Sibérie en particulier auraient été appréciées, mais cela est rendu très difficile dans le contexte politique actuel.]


"Arctic methane skyrocketing" (Le méthane monte en flèche dans l'Arctique) est le titre de la vidéo qu'a réalisé Paul Beckwith, dans laquelle il parle de la récente montée du méthane dans l'Arctique.
Avec sous-titres traduits en Français.

Paul décrit sa vidéo : "je raconte comment les mesures "surface flasks" (réseau de stations d'observation météo avec observations précises faites depuis le sol)  montent en pointe depuis les quelques dernières années. J'analyse les implications au point de rupture de la stabilité climatique, ce qui fait fractionner le courant jet et change les patterns météo. Je crois que cette tendance va rapidement empirer à mesure que l'amplification des températures dans l'Arctique continue, ce qui va mener notre planète vers un climat généralement plus chaud que nous ne pourrons plus reconnaître dans les 5 à 10 prochaines années."

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Ci-dessous, quelques images de la NOAA (National Oceanic and Atmosphric Agency) qui montrent les niveaux de méthane selon les analyses "surface flasks" enregistrées depuis les observatoires au sol en Arctique.

NOTE : toutes les lecture de méthane sont rapportées en ppM (parties par Milliard)





Ci-dessous est un graphique démontrant la moyenne horaire de mesures "sur place" faites à Barrow en Alaska incluant une mesure rapportée dans cet article antérieur.


Cette image ci-dessous montre les anomalies (écarts de la norme) des températures sur l'océan Arctique...



La situation est de plus en plus critique et exige une action concertée et efficace telle qu'élaborée dans le Plan d'actions sur le climat.

L'Inaction sur les changements climatiques est due à l'ignorance, d'où l'importance de partager cet article et les autres de ce blogue et ceux de http://arctic-news.blogspot.ca/ sur tous les réseaux sociaux.
Les médias de masse ne renseignent personne !