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Traduction/Translation

lundi 19 juin 2017

Désolé pour le ralentissement...

Je ne parle pas du réchauffement climatique ; il s'accélère à une vitesse fulgurante.


Non, c'est moi qui ralentit la cadence, je n'ai pas le choix.


Ne vous en faites pas, c'est temporaire... et j'essaierai quand même d'écrire, mais ce sera lent.

Il y a une centaine d'articles sur ce blogue, lisez, relisez et repartagez les SVP.

     Merci

Passez un bel été et pensez à réduire votre empreinte écologique



Une chanson de circonstances...


dimanche 11 juin 2017

Les précipitations se déplacent vers les latitudes nordiques

Quand le climat change, tout change
Vous avez remarqué s'il pleut plus souvent chez-vous? Et/ou que le ciel est plus gris ou a changé et plus particulièrement depuis plus ou moins une ou deux décennies? Si vous avez accès aux statistiques météo (température, heures d'ensoleillement, précipitations) de votre région, allez vérifier pour voir, pour savoir.... Depuis 1985, toutes les années ont été plus chaudes que la moyenne, on peut donc dire que vous n'avez jamais connu un climat "normal" si vous êtes nés après 1985.

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On prévoit que le réchauffement de la Terre va sévèrement dérégler le cycle de l'eau que nous sabordons aussi avec nos activités ; (principalement l'élevage des bovidés ; il y a plus de bovidés sur Terre que d'humains). Bien sûr, nous ne savons pas "exactement" quels seront ces changements, mais nous avons une bonne idée basée sur les indices du climat passé et nous savons qu'ils seront sont abrupts. Nous avons aussi des modèles climatiques de plus en plus fiables.
Cette affiche "Défense de se baigner" aux abords d'un lac situé dans le bassin de Turfan dans l'extrême Ouest de la Chine ; mais ce lac s'est complètement asséché au cours de la dernière décennie à mesure que notre planète s'est réchauffée et que les précipitations se sont déplacées loin de cette région. Photo : Aaron E. Putnam
"Nous observons une très forte tendance à l'assèchement dans le Sud-Ouest des États-Unis" dit Andreas Prein, chercheur post-doctoral au National Center for Atmospheric Research. "Le Sud-Ouest a possiblement déjà dérivé vers un climat plus sec". Effectivement, plusieurs craignent que cette importante partie des États-Unis ne développe une "sécheresse extrême" (étude en Anglais).

Une autre étude (en Anglais) prévoit aussi que les bandes de pluies risquent de se déplacer vers le Nord à mesure que l'hémisphère Nord se réchauffera plus rapidement que l’hémisphère Sud. Ce changement se produirait en concert avec cette expectation qui perdure ; que les régions où il pleut déjà recevront encore plus de pluie et que les endroits où le climat a déjà tendance à être sec, s'assécheront.





















"L'étude ajoute au déjà vaste ensemble d'évidences que le changement climatique va dérégler les mouvements de grande amplitude de l'air et de la vapeur d'eau de notre atmosphère. Et cela a de l'importance car ces patterns déterminent dans une large mesure où il pleut et où le climat est plus aride" écrit Kate Marvel, climatologue à la NASA dans un courriel.

Cette étude ne mentionne que les USA en détail, mais le même phénomène se produit ou se produira en Europe ; les inondations qu'à subit la Grande Bretagne depuis 2010 ne sont pas totalement étrangères à ce phénomène.

Cette redistribution des pluies aura des conséquences pour l'accès à l'eau dans certaines régions et plus particulièrement là où les réserves d'eau sont déjà limitées, tel le Sud-Ouest des États-Unis et plus encore, certaines parties de l'Afrique et du Moyen-Orient.

Évidemment, c'est en analysant le climat du passé et en le comparant avec les modèles numériques basés sur les observations et les lois de la physique qu'on en arrive à ces conclusions. Ils ont investigué des lacs dits "lacs à bassins fermés" : des lacs qui sont alimentés par des rivières mais sans déversoirs, le niveau de ces lacs n'est donc contrôlé que par les précipitations et l'évaporation.

La berge du lac Mono, Californie en 2013. Les berges anciennes qui marquent le paysage oriental de la Sierra Nevada indiquent que le niveau de ce lac était beaucoup plus élevé alors que le climat était plus froid.
Photo : Aaron E. Putnam
Selon les principes élémentaires de la physique atmosphérique, les scientifiques prévoient qu'à mesure que notre planète se réchauffera à cause de nos émissions de gaz à effet à serre croissantes, la moyenne globale des précipitations augmentera ; et parce qu'une température plus élevée provoque plus d'évaporation, les endroits déjà secs s'assécheront davantage. Bien sûr, les endroits secs ne sont pas nécessairement à l'abri d'une pluie diluvienne occasionnelle car la météo devient aussi de plus en plus chaotique à mesure que le climat se réchauffe.
Article source en Anglais

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La vapeur d'eau est un puissant gaz à effet de serre
À chaque degré de réchauffement causé par les gaz à effet de serre, cela ajoute suffisamment de vapeur d'eau (par évaporation) pour faire grimper la température de un degré supplémentaire.
Cela augmente aussi les précipitations globalement et accroît le risque de pluies torrentielles causant des inondations parfois éclairs ou des chutes de neige spectaculaires.
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Ce type de graphique permet aussi de visualiser la distribution de la probabilité d’événements météo extrêmes (canicules, pluies diluviennes, cyclones, tempêtes, etc.) à mesure que la température augmente.
On doit donc s'attendre à plus d'événements météo extrêmes, nous n'en sommes encore qu'au tout début.

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Ça semble particulier, mais on ne note pas encore de variations du nombre ni de l'intensité des tornades aux USA, mais les tornades sont des phénomènes particuliers très différents des ouragans/typhons qui eux se nourrissent principalement de la chaleur des océans, chaleur qui devient de plus en plus excessive.


     Mais au Canada on prévoit...
Les Canadiens devront relever de nombreux défis pour faire face et s'adapter aux effets des changements climatiques. Des sécheresses régionales pourraient occasionner des pénuries d'eau, la hausse du niveau des mers et les fortes précipitations pourraient causer plus de dommages en raison des inondations, et les températures plus chaudes pourraient provoquer plus fréquemment des orages et des tornades (Gvt. du Canada).
Une seule tornade de force F5 (vents 420-512 km/h) a été observée au Canada, et c'était en 2007.
NOTE : la puissance des tornades est évaluée sur une échelle de F0 à F5 (échelle de Fujita) selon les dommages qu'elle a causés, mais la destruction que produit une F5 est tellement dévastatrice qu'on ne saurait dire avec certitude si les vents ne dépassaient pas les 512 km/h, ni même de combien...
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     P.S.
 

Si vous avez observé des changements climatiques dans votre région, laissez un témoignage S.V.P.

Où je demeure, il y a plus de nuages et c'est souvent gris.
Le printemps a été très frais, humide et gris cette année.
L'hiver, la rivière gèle environ 1 mois plus tard et dégèle environ 1 mois plus tôt par rapport aux années 1980 et avant.
L'hiver, il tombe généralement moins de neige que par le passé.
Bien que le ciel soit souvent couvert, il ne pleut pas tant que
ça.
Le nombre de feux de forêts tend à diminuer.

vendredi 2 juin 2017

La sombre histoire du "pas vraiment sécuritaire" 2°C

Je retrace les moments les plus importants de l'histoire méconnue du 2°C, cette limite qu'on estime maintenant beaucoup plus "dangereuse" pour l'humanité. Comme l'a dit James Hansen "2°C est une garantie de désastre à long terme".

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Rien ne permet d'affirmer que cette limite est "sécuritaire".  Il y a de plus en plus d'événements météo extrêmes, et tout laisse présager que le réchauffement va se poursuivre et même s'accélérer. Souvenons-nous que 93% du réchauffement va sans les océans et qu'ils se réchauffent dangereusement et à grande vitesse (article antérieur). Nous étions, fin 2016 à 1,2°C de réchauffement atmosphérique global moyen, 1,4°C si on se sert de l'an 1750 comme référence (selon les travaux de Michael Mann).

     D'où vient ce 2°C?

(Article source en Anglais)
Dans les années 1970, un professeur d'économie de l'université Yale, William Nordhaus, a fait allusion au danger de dépasser la limite de 2°C car cela propulserait le climat dans une zone non familière aux humains.

Voici les prévisions qu'il a faite avec les moyens de l'époque. Surprenant comment il est presque dans le mille. Cela signifie que la science du réchauffement climatique était déjà passablement robuste à l'époque, l'effet des gaz à effet de serre étant connu depuis 1875 grâce aux travaux de John Tyndall en thermodynamique.

C'est quand même relativement facile (pas pour moi) de calculer la quantité de réchauffement si on connaît les quantités et les effets des gaz à effet de serre, on peut calculer l’absorption de chaleur au mètre carré. Ce qui est (encore) plus difficile à comprendre et à prévoir, ce sont les impacts de ce réchauffement qu'on sait déjà bien pires que prévus.

Le réchauffement "officiel" fin 2016
Poursuivons l'histoire...

En 1990. Une équipe de chercheurs du " Stockholm Environment Institute", appuyée sur les informations scientifiques de l'époque, ont suggéré une limite de 2°C afin d'éviter les pires impacts. Ils nous ont aussi prévenus que dépasser les 2°C, les risques seraient plus grands.

Leur rapport dit aussi  que "dépasser 1°C de réchauffement pourrait déclencher des réponses rapides, imprévisibles et non linéaires (exponentielles donc) qui risqueraient de causer des dommages considérables aux écosystèmes", ce que nous appelons maintenant les boucles auto-amplificatrices du système climatique. Le rapport dit aussi qu'il n'y a rien de sécuritaire à 2°C de réchauffement. (On nous aurait donc menti?)

Peu après la parution de cette étude, 2°C est apparu dans le discours politique. (Vous auriez choisi 1°C ou 2°C vous?)

En 1992, les "leaders du monde" ont signé le Cadre des Nation-Unies (ONU) à propos du changement climatique au Sommet de la Terre à Rio ; une convention obligeant les pays à "stabiliser la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui préviendrait la dangereuse interférence anthropogénique (la nôtre) avec le système climatique". (Il y a eu d'autres Sommets de la Terre)

Ensuite, en 1996, Conseil européen de l'Environnement est devenus le premier corps politique à soutenir la proposition de 1992 et ont déclaré que : "la température moyenne globale ne devrait pas dépasser 2°C au-dessus de la moyenne préindustrielle".
(1750 est considéré par les climatologues comme le début de l'ère préindustrielle. La moyenne dont se sert le GIEC et les COP est de 1850 à 1900 est le début le l'ère industrielle. Mais les politiciens, spécialistes du double langage, disent "ère préindustrielle" alors qu'ils parlent vraiment du début de l'ère industrielle qui a commencé un siècle plus tard).

Un an plus tard (en 1997), 193 pays ont signé la première entente contraignante selon le Protocole de Kyoto. Le traité impose des limites aux émissions des pays en tenant compte de leur contribution historique au réchauffement climatique et la capacité de mettre en oeuvre des politiques dans le but de réduire pour 2012 les émissions globales de 5% par rapport aux niveaux de 1990. (Depuis 1992, nos émissions ont augmenté de 60%). 2°C n'a pas été mentionné lors de ces rencontres, ce sont les médias qui ont publié ce chiffre.

Nous suivons actuellement la trajectoire du scénario RCP 8,5 (orangé) c'est le pire des scénarios. Cette trajectoire nous garantit 3,2°C à 5.4°C et possiblement plus pour 2100 ; c'est l'équivalent d'un suicide collectif : y'a pas d'autres mots.
 
Quand le traité a formellement pris effet en 2005, il était signé par près de 160 pays. Par contre, l'absence du plus important émetteur de l'époque, les États-Unis ont refusé de signer mais se disaient ouverts à une entente globale sans toutefois vouloir aller aussi loin que le protocole de Kyoto.

La limite de deux degrés était un point de contestation particulier pour les diplomates américains, montrant combien il était symboliquement important. Lors du sommet du G8 en 2008, ils auraient cité des références aux deux degrés C à partir d'un projet de conclusion du sommet proposé par la chancelière Merkel.

Un éditorial conjoint (article en Anglais) publié dans 56 journaux à la veille de la COP 15 à Copenhague en 2009 disait ceci :
"La science est complexe, mais les faits sont clairs. Le monde doit prendre des mesures pour limiter la température à 2°C, une cible qui exigera les émissions globales de plafonner d'ici 5 à 10 ans. Une hausse plus élevée, tel 3°C à 4°C – l'augmentation la plus faible à laquelle on doit s'attendre en cas d'inaction – assécherait les continents et transformerait les terres agricoles en désert. La moitié de toutes les espèces s'éteindrait, des millions d'humains seraient déplacés et des nations seraient englouties par la montée des océans."
Malgré toutes les attentes et les pressions, la COP a échoué (à cause des climatonégationnistes) encore une fois à convaincre tous les pays à signer cet accord (article en Anglais). Ce sont bien sûr les États-Unis qui ont encore refusé (à cause du lobby du pétrole).

Finalement, c'est l'année suivante lors de la Conférence de Cancún de 2010 sur le climat que la limite de 2°C sera enchâssée dans les politiques climatiques internationales contraignant les gouvernements du monde à maintenir le réchauffement global moyen sous les 2°C.

Puis vint Paris et 1,5°C... Tous les climatologues sérieux savent que ce sera impossible de rester sous les 1,5°C et ils l'ont dit au lendemain de la COP 21.
"Les promesses faites lors de cette COP 21 nous garantissent de 3°C à 4°C de réchauffement avant la fin de ce siècle.

Ce graphique est basé sur le scénario RCP8,5, le pire des scénarios et c'est la trajectoire sur laquelle nous sommes. Et la spirale s’arrête à 2100, et ensuite...?

Et nous savons que ce scénario RCP8.5 ne tient pas compte de plusieurs boucles auto-amplificatrices  du système climatique ; ils en ignoraient l'existence d'une trentaine qui ont été découvertes depuis.

Pour avoir un petit aperçu d'un futur pas très lointain : La Très Controversée Étude du Célèbre James Hansen et son Équipe

2°C ne sera qu'étape de plus et le réchauffement climatique va se poursuivre jusqu'à..?