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vendredi 26 mai 2017

Un sérieux avertissement d'extinction massive ; la désoxygénation des océans


Si le ridicule ne tue pas, comment se fait-il que l'humanité ai déclenché une extinction massive?
     Les scientifiques sonnent l'alarme (qui devrait être générale)

Nous parlons toujours d'indicateurs climatiques, tel le taux de CO2, la hausse des températures, le nombre croissant d'événements météo extrêmes, etc. mais ce sont des indicateurs de changements climatiques.
La désoxygénation des océans est un indicateur d'extinction massive.

Plus l'eau est chaude et moins elle contient d'oxygène et les océans se réchauffent très rapidement comme on l'a vu dans ce récent article ; soit l'équivalent thermique de 12 bombes atomiques comme celle qui a détruit Hiroshima à chaque seconde... révèlent les nouvelles données.
Earth nullschool (19 mai 2017) Anomalies de température des surfaces océaniques comparés à la moyenne quotidienne (1981-2011).
Ça vaut la peine de lire ce que dit Wikipédia au sujet de l'Océan.

Les océans occupent 70,8% de la surface de notre planète et ils sont essentiels pour tout ce qui vit car, entre autres, environ 60% de l'oxygène (les estimations varient de 50% à 75%) que la vie utilise est produite par le phytoplancton dans les océans. Depuis les années 1950, on estime que 40% du phytoplancton a disparu, très probablement à cause de l'acidification des océans (un autre signal d'extinction massive) qui sont 30% plus acides comparés aussi à la même époque. Leur taux d'acidité augmente d'environ 5% par décennie et c'est le CO2 qui en est le principal responsable et le SO2 produit par la combustion du charbon dans une faible mesure, mais souvenons-nous des pluies acides.

Le taux d'oxygène dissout dans les océans décroît de façon plus qu'inquiétante, et la diminution s'accélère. Le taux d'oxygène des océans décroit plus rapidement que leur température monte. Tout l'oxygène dans les océans provient de la surface.

La couleur bleue montre un faible taux d'oxygène.

Il y a une autre cause à la désoxygénation des océans, ce sont les rejets agricoles et principalement, les nitrates utilisés dans les engrais. Cela favorise ainsi la croissance d'algues, parfois toxiques, qui consomment une grande quantité d'oxygène lors de leur décomposition qui se fait en masse.
Invasion d'algues causée par les rejets agricoles et le réchauffement.
Une eau de surface plus chaude capture moins d'oxygène de l'atmosphère que de l'eau plus froide. De plus, l'eau de surface plus chaude accroît la stratification et ainsi les eaux profondes reçoivent moins d'oxygène ; il y a moins de circulation verticale lorsqu'il y a une couverture d'eau trop chaude.

Rappelons que lors de l'extinction Permien-trias il y a 250 millions d'années, 95% des espèces marines dans les océans se sont éteintes, et plus de 70% des espèces terrestres, incluant beaucoup de végétation. La désoxygénation représente presque certainement le plus grand risque pour tout ce qui vit.

Le dr. Peter Ward, spécialiste des extinctions massives, dit que les extinctions massives dues au réchauffement du climat débutent dans les océans et se propagent sur terre, et nous savons aussi que l'oxygène devient très rare sur la planète dans ce type d'extinction massive. On dit aussi que ce sont les créatures pesant moins de 3 kg qui ont le plus de chance de survie dans des conditions d’extinctions massives.

Ce sujet, finalement reconnu urgent, a été discuté pour la première fois à la COP22 de Marrakech en novembre 2016 (Bilan de la COP22).
La désoxygénation des océans est ce qui produit les mortelles zones mortes dont j'ai déjà parlé dans des articles antérieurs. Quand ces zones se forment ou se déplacent, toute la vie qui s'y retrouve piégée meurt, suffoquée. On retrouve souvent des milliers de créatures marines mortes sur les plages parfois à cause de ces zones mortes, parfois à cause d'une éclosion d'algues toxiques.

Zones mortes ou qui subissent une diminution notable du taux d'oxygène.

Dans cette étude (en Anglais), on prévoit que les zones mortes seront "largement répandues" vers 2030-2040. Dans celle-ci (aussi en Anglais), on dit que la désoxygénation des océans à l'époque du Jurassique a duré 1 million d'années.

Ces zones mortes se retrouvent souvent près des côtes car c'est là que l'eau est généralement la plus chaude. On remarque une grande zone désoxygénée autour de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve. Il y a quelques mois, on a rapporté des milliers de poissons et crustacés morts (article source)sur la côte Ouest de la Nouvelle-Écosse, on comprend maintenant pourquoi.

     Sulfure d'hydrogène

Ces zones mortes sont souvent envahies par des colonies de bactéries qui produisent du sulfure d'hydrogène, un gaz mortel même à faible concentration (seulement 200 ppm) et qui se répand aussi dans l'atmosphère. Ce gaz ne se retrouve pas que dans les océans, on en retrouve aussi dans les égouts et c'est aussi un risque important dans les fermes porcines et plus précisément près des fosses à purin.
Joggeur décédé en Bretagne : intoxication au sulfure d’hydrogène confirmée.

Émissions de sulfure d'hydrogène le long de la côte Namibienne en 2010
     Les procédés qui mènent à une extinction massive causé par un réchauffement global

Personne ne peut prévoir de date ou d'année, ce n'est pas comme avec un météorite ou une comète. Seule certitude, à moins qu'on ne trouve un remède miracle, la 6e extinction massive de l'histoire de la Terre est en route et nous sommes dans la galère.

  • Émissions de gaz à effet de serre, pincipalement du CO2 de source volcanique en ce qui concerne les extinctions précédentes et qui se fait sur des milliers, voir des dizaines de milliers d'années (nous avons réussi à faire ça en moins de 300 ans et beaucoup plus intensément depuis 1950-1975)
  • Et/ou émissions de méthane si l'Arctique s'est trop réchauffée
  • Ce CO2 provoque le réchauffement climatique et l'acidification des océans
  • Le réchauffement des océans cause une baisse du taux d'oxygène dans les océans
  • Les zones mortes océaniques se développent, se multiplient et prennent de l'ampleur
  • L'acidification des océans provoque la mort lente du phytoplancton, principal générateur d'oxygène de la planète
  • Les zones mortes émettent du sulfure d'hydrogène qui tue aussi bien sur terre que dans l'eau
  • La production d'oxygène cesse presque totalement 
      La liste des articles anglophones qui m'ont servi de sources d'information

http://climatenewsnetwork.net/warming-waters-risk-damage-by-nitrite-pollution/

https://www.sciencedaily.com/releases/2016/04/160427150914.htm

https://www.sciencedaily.com/releases/2017/05/170504104346.htm

https://www.sciencedaily.com/releases/2017/02/170215131546.htm

https://www.sciencedaily.com/releases/2017/05/170512081327.htm

http://www.fasterthanexpected.com/2017/05/10/ocean-oxygen-decline-greater-than-predicted/

http://www.fasterthanexpected.com/2017/05/08/carbon-pollution-is-suffocating-ocean-life-and-speeding-up-the-next-mass-extinction/

Et bien sûr les conférences de Peter Ward sur You Tube.

mercredi 24 mai 2017

Le réchauffement climatique va aussi nous amener des famines

Article source de Climate Central

Les impacts des changements climatiques, la météo imprévisible et souvent extrême combiné à des températures plus élevées devraient réduire de 23% la production mondiale de maïs, de blé, de riz et de soja dans les années 2050, selon une nouvelle analyse.
Champ de maïs. Photo : Andrew Seaman/flickr
L'étude, qui a examiné le prix et la production de ces quatre grandes cultures de 1961 à 2013, prévient également que, d'ici 2030, la production pourrait être réduite de 9%.

Les résultats proviennent du fait que les chercheurs et les leaders mondiaux continuent à avertir que la sécurité alimentaire deviendra un problème de plus en plus difficile à relever face à la montée des températures et aux conditions météorologiques extrêmes, en combinant les populations croissantes et avec la volatilité des prix alimentaire.

___________

Ceci dit, depuis quelques années, nous avons vu de plus en plus de  pays comme la Russie souffrir d'une importante perte de récolte il y a quelques années, même les prairies canadiennes y sont passées et ça se répète dans d'autres pays ; l'Afrique subit actuellement sa pire sécheresse, ailleurs, c'est le gel qu'on subit hors saison, les pluies diluviennes et les invasions d'insectes nuisibles. 

La sécurité alimentaire sera un enjeu majeur d'abord pour les plus pauvres, puisque le prix des denrées va grimper (parfois fortement), mais l'insécurité alimentaire s'étendra éventuellement à toutes les couches de la population à l'exception d'une minorité une minorité de riches, comme d'habitude... On peut se consoler en se disant que l'argent ne se boit ni ne se mange. C'est indéniable que le réchauffement va se poursuivre, même si c'est irrégulièrement. Un jour, ce sera leur tour...
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Les rapports sont consternants, car le blé et le riz sont deux des principales sources de calories au monde, et les diminutions dans ces cultures de base pourraient ajouter au total actuel de 795 millions de personnes souffrant de la faim et de plus de 2 milliards de personnes ayant des déficiences en éléments nutritifs. Et la population mondiale qui augmente...
Il y a quelques façons pour cultiver le riz, mais les terrasses au Bali sont spectaculaires.
D'autres prévoient que ce qui va causer le plus de décès à mesure que les changements climatiques deviendront importants, c'est la famine. Les océans aussi sont en déclin et en difficulté. Et dans certains pays, on gaspille 35% de la nourriture...

     Les changements climatiques = climat plus chaotique

Un exemple parmi d'autres :Vergers : le gel détruit la future récolte

Presque toute la récolte des vignes et au moins la moitié de celle des abricots est perdue : Le gel a dévasté des cultures en Valais
Un exemple de chaos climatique : Zimbabwe: après la sécheresse, des inondations font 246 morts.

Dans le Nordeste brésilien, une sécheresse sans fin.
Les familles du Nunavut, les plus touchées par l’insécurité alimentaire au Canada


     Un bref rappel

Les plantes à fruits, comme fraises, tomates etc. fleurissent moins, ou pas du tout, quand la température nocturne dépasse 20°C. Plus c'est chaud et moins elles fleurissent.

      4°C

Il y a peu de recherches qui sont faites afin d'étudier ce qui se produit après 2°C de réchauffement global, dans la "zone dangereuse" des changements climatiques.

Le Met Office au royaume a fait des simulations afin de mieux comprendre ce qui se produira à 4°C de réchauffement. Ils prévoient que les récoltes seront réduites de 40%, mais d'autres pensent que les végétaux auront beaucoup de difficulté à supporter toute cette chaleur. Dans ce cas, 4°C ne sera qu'un bref passage car la végétation mourante ajoutera encore plus de CO2, on l'observe déjà en certains endroits...
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C'est ce qui nous attend tous si nous continuons tous de ne rien faire ; nous devons agir!

samedi 20 mai 2017

Le pergélisol, la suite : "On croyait que..."

On va parler du pergélisol pendant longtemps, ça réserve sûrement des surprises, comme celle-ci.

     Le lieu

Réserve mondiale de semences du Svalbard
Source : Wikipédia

La réserve mondiale de semences est là pour parer les coups durs, très durs, frisant l'apocalypse. Elle sert à conserver à l'abri de presque tout, des millions de semences. Photo : John Mcconnico/AP
La Réserve mondiale de semences du Svalbard est une chambre forte souterraine sur l'île norvégienne du Spitzberg destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique.

Ce site a été choisi parce que le climat et la géologie du Spitzberg se prêtent parfaitement à un tel projet de conservation et que les pays scandinaves sont fortement impliqués dans ce dernier. Creusée  dans le pergélisol (permafrost), l'inauguration officielle a eu lieu le



Hege Njaa Aschim, du gouvernement Norvégien à qui appartient la chambre forte. Il se demande aussi si le phénomène va escalader.
En effet, il y a de bonnes chances.
Des boites de plastique contenant les semences dans "la chambre forte" Photo : Jens Buttner/dpa/Alamy
Les gestionnaires de la chambre forte ont pris des mesures préventives, incluant des travaux majeurs pour imperméabilise la chambre forte qui est un tunnel long de 100 mètres qui s'enfonce dans la montagne. On va aussi creuser des tranchées dans la montagne afin de diriger les eaux de fonte et de pluie loin de la chambre forte. Ils ont aussi retiré de l'équipement électrique de la chambre forte qui produisait un peu de chaleur et y ont installé des pompes en cas d'inondation future.

Aschim ajoute qu'il n'y a pas d'autres options que de trouver des solutions pour assurer la sécurité de cette chambre forte à long terme : "Nous devons trouver des solutions. C'est une immense responsabilité que nous prenons très au sérieux. Nous faisons ceci pour l'humanité".



dimanche 7 mai 2017

Un tour complet du pergélisol (mis à jourle 1er juin 2020)

Le pergélisol représente un important risque climatique qui est, de par sa nature, difficilement quantifiable. Son dégel va relâcher d'importantes quantités de gaz à effet de serre : du CO2 et du méthane. Le méthane qui possède un très puissant et rapide potentiel de réchauffement, s'oxyde en CO2 au fil des ans. Ce pergélisol est congelé depuis environ 300 000 ans.

On distingue  le pergélisol sous-marin et le pergélisol terrestre. Nous avons vu le pergélisol sous-marin dans cet article. Il ne représente apparemment plus un risque aussi élevé ou imminent que lorsqu'on le surnommait "la bombe méthane". Mais il faut continuer de l'étudier et le surveiller de près.

Le pergélisol (terrestre) couvre un cinquième de la surface du globe, principalement en Arctique. Il y en a un peu en Antarctique et aussi en altitude en-dessous de certains glaciers. Il est qualifié de pergélisol s'il reste gelé pendant deux années de suite ou plus.

Si le pergélisol représente un important risque climatique, c'est qu'il contient beaucoup de matière organique de source végétale qui, en se  décomposant, émet du méthane quand il n'y a pas d'oxygène disponible pendant la décomposition (comme en milieu humide), ou qui émet du CO2 quand de l'oxygène est disponible pour la décomposition (à l'air libre). La décomposition est faite par des milliards de milliards de bactéries, il faut le rappeller.

Plusieurs articles au sujet du pergélisol et du méthane sont parus depuis quelques mois. Commençons par celui-ci :

7 000 imposantes bulles de méthane dans le sol Sibérien prête à exploser (en Anglais).
Quand des hydrates de méthane explosent, ça laisse parfois des cratères semblables à celui-ci. Il paraît qu'il y aura bientôt des cratères similaires dans l’Arctique canadien et en Alaska car la Sibérie se réchauffe plus rapidement.
Le méthane se retrouve sous deux formes : à l'état de bulles de gaz ou contenu dans de complexes cages de glace que l'on appelle hydrate de méthane, c'est la glace qui brûle. Ces hydrates de méthane se forment sous haute pression (profondément dans l'océan ou le sol) et/ou s'il fait assez froid, et donc même dans le pergélisol terrestre.

On considère que les cratères comme celui ci-dessus sont causés par des hydrates de méthane. Car quand ceux-ci fondent, ils explosent pour occuper 168 fois leurs volume : 1 mètre cube devient donc 168 mètres cubes en un instant, ce qui est plutôt explosif.

Aussi, ce gaz s'enflamme facilement, après tout, c'est du gaz naturel. Sur des lacs gelés en Arctique, on repère des bulles de méthane sous la glace, on la perce en mettant le feu et VOUF!
Nous le savons, le méthane est un très puissant gaz à effet de serre. Il est 150 fois plus puissant que le CO2 lors de ses 10 premières années dans l'atmosphère, (c'est une rumeur persistante dont j'ignore la source ; je n'ai trouvé aucune référence dans la littérature scientifique sur ce 150 fois après de multiples recherches) C'est donc ±84 fois le CO2 après 20 ans et 34 fois après 100 ans. Au fil du temps, le méthane se dégrade en CO2, vapeur d'eau et autres, rien pour améliorer notre sort.

Autre différence notable avec le CO2, l'action "effet de serre" du méthane se produit instantanément alors que ça prend une décennie avant que le CO2 n'atteigne son plein potentiel de réchauffement après avoir été émis dans l'atmosphère.

Un autre article : Un important dégel de pergélisol documenté au Canada laisse prévoir d'importantes émissions de carbone (en Anglais)

Une étude montre que 135 000 km/2 de pergélisol se détériore rapidement dans le Nord-Ouest Canadien. Il faut rappeller que les gaz à effet de serre devraient s'échapper plutôt lentement ; le dégel du pergélisol prend un certain temps et il tend a regeler lors des hivers, mais ceux-ci sont de moins en mois rigoureux.
La fonte du pergélisol altère le paysage sur de grandes distances.
À mesure que le pergélisol se désintègre, de grande quantités de boues riches en carbone sont envoyées dans les cours d'eau. La dégradation du pergélisol s'intensifie et provoque des glissements de terrain qui vont étouffer la vie dans les lacs et rivières et jusque dans l'Arctique.

De pareils changements s'opèrent aussi en Alaska, en Sibérie et en Scandinavie : le sol se dérobe.
Quand le pergélisol dégèle.
Encore une fois, c'est "plus que prévu", 20% de plus... On prévoit, selon cette étude en Anglais que "4 millions de kilomètres carrés de sol gelé pourraient être perdus pour chaque degré supplémentaire de réchauffement. Actuellement, le permafrost couvre une surface de 15 millions de km²" source Global-Climat.

Dans cet article en Anglais, on précise entre autres choses qu'il est très difficile de savoir quel pourcentage du pergélisol sera émis en gaz à effet de serre et même vers quel type de gaz ils seront décomposés. Donc, impossible de formuler des estimations valables sur le réchauffement subséquent.
C'est le moment de vous rappeler que l'Arctique se réchauffe au moins 2 fois plus rapidement que le reste de la surface du globe.
En Sibérie, c'est presque l'enfer que l'on peut contempler sous le pergélisol qui y dégèle avec une rapidité extraordinaire comparé au Canada ou à l'Alaska. C'est ce que dit cet article en Anglais d'où l'image ci-dessous a été tirée.

"L'entrée vers le monde souterrain" comme le nomme les (rares) habitants locaux. Au fond de cet effondrement de pergélisol en Sibérie, on y trouve une forêt millénaire.
On voit sur cette carte à quel point il a fait chaud en Sibérie (zone rouge sombre à droite) durant la période Janvier-Mars 2017.
2017 est la 4e année de suite de chaleur hivernale excessive pour cette partie du monde (en Anglais).
Dans le cercle arctique, il y a à peine 20 ans, les forêts étaient encore très généralement enneigées fin avril. De nos jours, les forêts flambent... incroyable! Robert Scribbler raconte l'invraisemblable dans cet article en Anglais. C'est un autre indicateur qui montre à quel point l'Arctique se réchauffe rapidement.

Cette étude scientifique (en Anglais) menée par des scientifiques du Laboratoire national Lawrence Berkeley du Département de l'énergie (Berkeley Lab), estime que les sols pourraient libérer beaucoup plus de CO2 que prévu dans l'atmosphère alors que le climat réchauffe.

Les scientifiques ont découvert qu'en réchauffant la surface du pergélisol et en profondeur jusqu'à 100 cm, sur 3 points de mesure on observe une augmentation du taux des émissions de CO2 de 34% à 37% par rapport a du pergélisol non-chauffé. Beaucoup de CO2 émis trouvait son origine dans les couches plus profondes, ce qui indique une plus grande sensibilité au réchauffement des couches profondes (celles qui vont dégeler plus tard).

Les résultats démontrent qu'il y a potentiellement une vaste incertitude en ce qui concerne les prévisions climatiques (pour la fin du siècle). Le taux d'émission de CO2 pourrait dépasser de 30% les émissions humaines. Les prévisions (du GIEC) estimaient que les sols pourraient se réchauffer de 4°C. Ce qui laisse présager d'importantes émissions de gaz à effet de serre venant du pergélisol qui pourraient facilement faire grimper la température de 2°C supplémentaire pour très possiblement dépasser les cataclysmiques 6°C de réchauffement et répandre combien de milliers de térajoules de chaleur dans les océans...

     Le pergélisol Antarctique

Le pergélisol de l'Antarctique commence aussi à dégeler, mais seulement 25% de l'Antarctique est recouvert de pergélisol (environ 3 500 000km2), il n'y a pas de pergélisol sous la glace en Antarctique. Le pergélisol se retrouve principalement dans les "Dry Valleys" (vallées sèches) près de la côte de la mer de Ross. 
Photo : Mike White
Ce pergélisol fond pour une raison hors de l'ordinaire : une diminution de la couverture nuageuse y fait augmenter le niveau d'ensoleillement et c'est cet ensoleillement supplémentaire qui fait fondre le pergélisol dans les "Dry Valleys" comme l'explique cet article en Anglais.
2010, 2011, 2012. Le retrait du pergélisol sur la falaise est évident.
Levy (l'auteur de l'étude) a documenté à l'aide d'un instrument LIDAR et de séquences photographiques un retrait rapide de la glace au sol dans la vallée de Garwood ; des taux de dégel comparables aux taux de dégel les plus faibles observés sur les côtes de l’Arctique ainsi qu'au Tibet.

En conclusion, le pergélisol dégèle presque partout. Les estimations de la contribution au réchauffement global du CO2 et du méthane qui s'échappent du pergélisol varient beaucoup pour l’horizon 2100 pour lequel on prévoit déjà 3°C à 6°C.

On commence à faire des études pointues à ce sujet. Ceci dit, le CO2 et le méthane émis par le pergélisol (terrestre) pourrait ajouter 1°C à 2°C de réchauffement sans sombrer dans l'exagération. 
Pour chaque degré de réchauffement ajouté par les gaz à effet de serre, l'accroissement de la teneur en vapeur d'eau de l'atmosphère augmente assez pour doubler le réchauffement dû aux seuls gaz à effet de serre.
     Mis à jour le 9 mai 2017

Je viens de lire cet article en Anglais dont le titre est : Nous savions tous que ça approchait : Le sol de l'Alaska relâche du CO2 dans l'atmosphère

Une nouvelle étude publiée dans le "Proceedings of the National Academy of Sciences" suggère que le pergélisol dans le Nord relâche dans l'atmosphère une quantité croissante de CO2 à mesure qu'il fond en été et est incapable de regeler en hiver comme auparavant.
Sur une grande région, nous observons un accroissement substantiel de la quantité de CO2 qui s'échappe à l'automne (quand le sol est le plus chaud suite à l'été). Nous savions tous que ça allait arriver, mais je suis étonné qu'on puisse le constater dès maintenant.
Roisin Commane, scientifique de l'atmosphère, Harvard, et auteur principal de l'étude.
     Boucle à rétroaction positive

Plus le pergélisol va relâcher des gaz à effet, plus cela va accroître le réchauffement et plus cela fera dégeler plus de pergélisol qui émettra encore plus de gaz à effet de serre causant encore plus de réchauffement.

Nous aurions vraiment dû agir plus tôt...

dimanche 16 avril 2017

L'impressionnant et rapide réchauffement des océans

Alors que les climatonégationnistes essayaient de nous convaincre qu'il y avait une pause, ou même une fin, au réchauffement climatique suite au surpuissant El Nino de 1998, les océans ont continué de se réchauffer très rapidement. Il y a eu un autre super El Nino en 2015-2016 qui a lui aussi transféré rapidement une importante quantité de chaleur des océans vers l'atmosphère, ce qui a causé un réchauffement notable de l’atmosphère de près de 0,3°C en deux ans.
Apparemment, ce n'est que le début...

Souvenons-nous que 93% de la chaleur due au réchauffement climatique s'engouffre d'abord dans les océans. Si toute la chaleur emmagasinée dans les océans se retrouvait dans l'atmosphère, le réchauffement global s'établirait à plus de 35°C.

En 2011, une étude parue dans le "Geophysical Research Letters" a comptabilisé le total des données du réchauffement dans les sols, l'air, la glace et les océans. En 2012, l'auteur principal de l'étude, John Church a mis à jour son étude. Ce que Church a trouvé était renversant, le réchauffement climatique ajoutait environ 125 billions (125 000 000 000 000) de Joules d'énergie par seconde aux océans.
[NDT : Trillion en Américain = Billion  pour l'Europe continentale et le Canada Français. https://en.wikipedia.org/wiki/Names_of_large_numbers]
À titre comparatif : 1 billion de secondes = 31, 688.09 années.

Il faut dire que le Joule/seconde est une très petite unité :
  • un watt-heure vaut 3 600 joules, et un kilowatt-heure vaut 3 600 kilojoules.
  • Ça prend 4,18 joules pour élever la température d'un gramme d'eau d'1 °C.
  • 1 Térajoule (TJ) = 1012J soit 1 000 000 000 000 de Joules ou 277 778 watts/heure.
  • La bombe atomique d'Hiroshima équivalait à environ 63 TJ
Vers les années 2000, le réchauffement des océans équivalait donc à environ 2 bombes comme celle d'Hiroshima par seconde ou 63 115 200 de bombes Hiroshima chaque année... jusqu'à ce qu'arrivent les nouvelles données.
Source : Robert Scribbler

        ...plus rapidement que prévu.

Les bouées (balises) ARGO (excellent article explicatif) sont des bouées dérivantes robotisées qui descendent cycliquement à 2 000 mètres tout en mesurant température et salinité et d'autres paramètres ; 3 800 bouées ARGO sont actuellement déployées dans les océans du monde. Le programme ARGO a été initié en 1999 afin de mieux étudier et comprendre le réchauffement global.

Une fois les données des bouées ARGO compilées, on a noté un doublage du rythme de réchauffement jusqu'en 2012, c'était alors l'équivalent thermique de 4 bombes d'Hiroshima qu'on ajoutait aux océans à chaque seconde.

Puis vinrent les observations de 2013. On avait estimé que le réchauffement des océans descendait à 700 mètres de profondeur. Surprise, le réchauffement s'étend jusqu'à 2000 mètres de profondeur. Ces nouvelles données ont démontré que le réchauffement des océans avait triplé et était passé à l'équivalent thermique de 12 bombes Hiroshima par seconde, soit 756 000 000 000 000 Joules/secondes (756 TJ). Au total, ça fait en équivalent thermique 378 millions de bombes Hiroshima par année ; des chiffres tellement immenses qu'on ne peut pas se les représenter, mais c'est certainement beaucoup de chaleur.

     Une partie de cette chaleur se transfère à l'atmosphère

Il y a un cycle, "l'Oscillation Décennale du Pacifique" découvert seulement en 1997. L’oscillation décennale du Pacifique est une fluctuation sur une période de 20 à 30 ans de la température de surface sur une partie du Pacifique (source Wikipedia).

Ne pas confondre l'Oscillation Décennale du Pacifique avec l'Oscillation Australe El Nino.


Dans sa précédente phase positive (température plus élevée), qui a duré de 1977 à 1998, l'ODP a limité la quantité de chaleur entrant dans le Pacifique, ce qui a contribué à accroître la température de l'atmosphère. Mais de 1998 à 2012, l'ODP était en phase négative (froide) ce qui a contribué à limiter le taux de réchauffement atmosphérique, la chaleur s'engouffrant alors dans les océans.

Cependant, nous revoici en phase positive de l'ODP depuis 2014 et nous observons, comme prévu, une accélération du réchauffement (atmosphérique) qui a atteint les 1,2°C fin 2016 avec un puissant El Nino en surplus fin 2015. Il faut s'attendre à une hausse plus rapide du réchauffement tant que l'ODP sera en phase positive, ce qui devrait certainement durer encore une décennie. Cela risque de nous faire dépasser les fatidiques 2°C d'ici 10 ans seulement.

Mais ces cycles se dérèglent, la durée des phases varie et nous ne pouvons plus prévoir ces cycles avec autant de précision. À plus long terme, le réchauffement se poursuivra irrégulièrement, mais inexorablement.

Le tableau suivant montre les phases positives (chaudes) et négatives (froides) de l'Oscillation Décennale du Pacifique. Les années El Nino sont orangées et les années La Nina sont bleues.

Selon cet article, une nouvelle étude publiée vers le 10 mars 2017 dans le journal Science Advances, suggère que depuis 1960, qu'un étourdissant 337 zétajoules (337 suivi de 21 zéros)  d'énergie en équivalent chaleur a été ajouté aux océans depuis 1960, principalement depuis 1980.
C'est 337 000 000 000 000 000 000 000!

     Les multiples conséquences du réchauffement des océans 

Le corail blanchi pendant deux années consécutives à la Grande barrière de corail d'Australie a un «zéro potentiel» de rétablissement, ont annoncé lundi des scientifiques, car ils ont confirmé que le site a de nouveau été touché par le réchauffement de la température de la mer.

Le corail blanchi pendant deux années consécutives à la Grande barrière de corail d'Australie a un «zéro potentiel» de rétablissement, ont annoncé lundi des scientifiques, car ils ont confirmé que le site a de nouveau été touché par le réchauffement de la température de la mer.

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Le corail blanchi pendant deux années consécutives à la Grande barrière de corail d'Australie a un «zéro potentiel» de rétablissement, ont annoncé lundi des scientifiques, car ils ont confirmé que le site a de nouveau été touché par le réchauffement de la température de la mer.

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La blanchiment des coraux

Phys.org : "le corail blanchi pendant deux années consécutives sur la Grande barrière de corail d'Australie à «zéro potentiel» de rétablissement, ont annoncé lundi des scientifiques, car ils ont confirmé que le site a de nouveau été touché par le réchauffement de la température de la mer".
La Grande barrière de corail est de loin la plus vaste structure vivante sur Terre.
Source : phys.org (en Anglais)
Des océans plus chauds absorbent moins de CO2, ce qui accélère aussi le réchauffement.
Les zones mortes (la désoxygénation)

La hausse de la température des océans diminue la quantité d'oxygène dissout dans l'eau. La hausse de la température des océans engendre des "zones mortes", zones qui ne contiennent plus d'oxygène et qui causent l’asphyxie des poissons et autres créatures marines qui se retrouvent dans une de ces zones. Ces zones mortes peuvent émettre du sulfure d'hydrogène, un gaz très mortel dans l'eau comme dans l'air.

On prévoit qu'à compter de l'an 2030 à 2040la majorité des océans seront compos de zones mortes (étude en Anglais)
Une seule certitude, les océans vont continuer de se réchauffer de plus en plus rapidement.

La hausse du niveau des océans et la stratification

Quand la température de l'eau augmente, celle-ci se dilate, devient moins dense, ce qui contribue à faire augmenter le niveau des océans.

Aussi, l'eau chaude tend à se maintenir à la surface puisqu'elle est moins dense (stratification). Ceci diminue la circulation verticale de la colonne d'eau diminuant ainsi l'apport de nutriments vers la surface. Cette circulation de nutriments est essentielle aux éclosions de phytoplancton, la base de la chaîne alimentaire océanique.
Au Sud du Groenland, c'est de l'eau de fonte, douce et non salée, qui cause la stratification qui risque de déstabiliser le Gulf Stream.

Article antérieur qui risque de vous donner l'impression d'avoir les pieds dans l'eau

Cyclones et évaporation

Les cyclones sont des ouragans dans l'Atlantique ou des typhons dans le Pacifique et l'océan Indien. Un océan à la surface plus chaude a la propension d'engendrer des cyclones plus puissants comme le cyclone Cook (en Anglais), le plus puissant à frapper la Nouvelle Zélande en 50 ans. Des tempêtes de plus en plus extrêmes sont attendues, même dans l'Atlantique entre la Nouvelle Écosse et les Bermudes.

Un océan plus chaud s'évapore aussi plus rapidement, ce qui a le potentiel d'engendrer des pluies diluviennes comme on l'a dramatiquement vu en Amérique Latine et ailleurs au cours du dernier mois. Les États-Unis ont aussi été sévèrement touchés par des pluies intenses au cours de la dernière année ainsi que plusieurs villes d'Europe et d'ailleurs... Les inondations éclairs sont de plus en plus fréquentes.
Les catastrophiques inondations au Pérou le mois dernier. D'autres photos

Les algues toxiques

Capables d'empoisonner et de causer la mort de mollusques, poissons, animaux et humains, les éclosions d'algues toxiques se produisent plus fréquemment et à plus grande échelle dans une eau plus chaude (et surchargée de déversements agricoles). Ce phénomène contribue aussi à la désoxygénation.


Les autres impacts sur la vie

Premièrement, les maladies et infections se propagent plus rapidement dans une eau (ou de l'air) plus chaude.

Deuxièmement, les espèces végétales et animales sont acclimatées à une certaine température ; certaines espèces pourront possiblement migrer vers le Nord pour survivre ; à l'évidence, d'autres ne pourront pas migrer ou s'adapter.

Ensuite, la modification des températures océaniques va aussi entraîner des modifications aux courants marins. Même la circulation thermohaline alias "le grand convoyeur" qui circule du pôle Sud au pôle Nord est, et sera, de plus en plus affecté modifiant par surcroît le climat de certaines zones, comme un possible refroidissement, mais pas une ère glaciaire, sur le Nord de l'Europe ; l'Arctique s'est trop réchauffé pour qu'un âge glaciaire soit vraisemblable, sans oublier tous ces gaz à effet de serre... qui s'accélèrent.

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Article source principal (en Anglais) :

Articles connexes en Anglais :
corail blanchi pendant deux années consécutives à la Grande barrière de corail d'Australie a un «zéro potentiel» de rétablissement, ont annoncé lundi des scientifiques, car ils ont confirmé que le site a de nouveau été touché par le réchauffement de la température de la mer.

Read more at: https://translate.googleusercontent.com/translate_c#jCp
Le corail blanchi pendant deux années consécutives à la Grande barrière de corail d'Australie a un «zéro potentiel» de rétablissement, ont annoncé lundi des scientifiques, car ils ont confirmé que le site a de nouveau été touché par le réchauffement de la température de la mer.

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https://www.scientificamerican.com/article/antarctica-rsquo-s-southern-ocean-may-no-longer-help-delay-global-warming/#

https://robertscribbler.com/2017/03/10/the-oceans-are-warming-faster-than-previously-though-rate-of-heat-build-up-is-accelerating/

https://psmag.com/climate-change-has-permanently-changed-the-great-barrier-reef-64227c9d4eec#.78o7wydiq
Nous avons largement sous-estimé la quantité de réchauffement que causerait nos émissions de gaz à effet de serre.
     Le consensus scientifique

lundi 10 avril 2017

Malgré ce que disent certains médias, il n'y a pas d'El Nino en cours

En écoutant les nouvelles sur les inondations et le mauvais temps qui a récemment sévi dans certains pays d'Amérique Latine, tel le Pérou et la Colombie ; j'ai entendu (ou lu) des commentateurs en attribuer la faute à El Nino... Mais il n'y a pas d'El Nino en cours!

Apparemment, des médias sont tenus de maintenir le doute et l'incertitude sur la cause la plus probable de ces catastrophes, le réchauffement climatique que cause nos émissions de gaz à effet de serre que nous devons cesser le plus tôt possible.

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Voici un mensonge :

El Niño ravage Lima et les côtes du Pérou
Le réchauffement climatique à lui seul explique les phénomènes météo observés : une atmosphère plus chaude contient plus de vapeur d'eau qui peut donc tomber en pluies plus intenses. C'est exactement ce qu'on observe et ce qui est prévu.

Voici une vérité :

Colombie : la coulée de boue mortelle n'est pas liée au phénomène climatique «El Nino»

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Ce document de la NOAA (en Anglais) affirme qu'il n'y a pas d'El Niño en cours, mais qu'il semble probable qu'il y en ait un qui se développe à l'automne 2017.

Voici une image récente des écarts de température à la surface du Pacifique. Bien qu'il y ait une masse d'eau chaude à l'Ouest du Pérou, cela ne constitue pas un El Nino.
Source : Earth Nullschool
Et voici une image du dernier El Niño prise en août 2015. On remarque que la zone d'eau plus chaude est nettement plus grande, mais nous verrons plus loin ce qui détermine un El Nino.
      Retour sur les El Nino et La Nina

Après chaque El Niño majeur, on doit s'attendre à un ralentissement du rythme de réchauffement, l'océan Pacifique ayant évacué beaucoup de chaleur en peu de temps. El Nino est un des 2 danseurs d'une valse au tempo irrégulier, La Nina est l'autre. La valse se nomme "l'Oscillation décennale du Pacifique".
L’oscillation décennale du Pacifique (ODP) (en anglais Pacific decadal oscillation (PDO)) est une variation de la température de surface de la mer dans le bassin de l’océan Pacifique qui déplace la trajectoire des systèmes météorologiques de manière cyclique sur une période de plusieurs décennies, habituellement de 20 à 30 ans. L’ODP est repérée par le déplacement d’une large zone chaude ou froide, de la température de surface de la mer au nord de 20 ° N.
Source : Wikipedia 
Lors d'un El Niño, les vents soufflant vers l'Ouest concentrent une bande d'eau plus chaude que la moyenne sur presque toute la longueur du Pacifique directement sur la ligne équatoriale. La Nina est tout simplement l'opposé et remplace la bande d'eau chaude par une d'eau plus froide que la moyenne.

La majorité des El Niño sont de faibles intensités et celui qui s'en vient sera aussi de faible intensité selon les premières prévisions. Les super El Nino sont plutôt rares mais difficiles à prévoir longtemps à l'avance.

Ce qui détermine s'il y a un des deux phénomènes, c'est la température de la surface de l'eau comparée à la moyenne dans la zone 5°N-5°S, 120°-170°W (carte ci-dessous) pendant 5 séquences de 3 mois consécutifs (15 mois). La zone "Niño 3.4" est l'espace dans lequel on détermine si nous sommes en présence d'un El Niño "officiel".


Comme l'explique ce site, une condition El Niño est caractérisée
  • lorsqu'un écart de la température moyenne de 0,5°C ou plus est observé dans la zone El Niño 3.4 (ci-dessus) pendant un mois et
  • l'expectation que la limite de l'index Océanique Niño (ONI) soit rencontrée pendant 3 mois et
  • une réponse atmosphérique
La Niña est caractérisée par un ONI égal ou inférieur à -0,5°C selon les mêmes critères.
 
L'intensité des El Niño et La Niña sont basés sur l'écart de température entre la moyenne et celle de la zone sur la carte (région Niño 3.4).
  • Faible = écart de plus ou moins 0.5°C à 0,9°C. Modéré = écart de plus ou moins 1°C à 1,4°C. 
  • Fort = écart de plus ou moins 1,5°C à 1,9°C. 
  • Super = écart de 2°C ou plus.

Le tableau ci-dessous montre les intensités des El Niño et la Niña de 1951 à 2017. On remarque que le premier Super El Niño s'est produit en 1982-1983 et nous savons aussi que quelqu'un né après 1984 n'a jamais connu un climat « normal », c'est-à-dire plus ou moins dans la moyenne des dix derniers millénaires.

En plus de El Niño, l'évaporation, les vents, les ouragans & typhons et autres tempêtes transfèrent aussi une partie de la chaleur accumulée dans les océans vers l'atmosphère.
93 % de l'excès de chaleur s'engouffre dans les océans. Ce sera le sujet de mon prochain article, un sujet certainement des plus importants.

jeudi 23 mars 2017

Comment expliquer l'amplification Arctique? Ça peut vous surprendre.

L'amplification Arctique, c'est tout simplement le réchauffement plus rapide de l'Arctique comparé à la moyenne globale.
L'atmosphère est une succession de couches la plus dense étant naturellement la plus proche du sol ; c'est la troposphère. Une mince couche dans laquelle se déroule l’essentiel de notre météo et tout le réchauffement. Elle est donc très active et elle est a aussi des structures et des courants.

Il ne se passe presque rien dans les couches supérieures qui risquerait d'avoir un impact significatif sur la météo. La poussière des plus gros volcans atteint la stratosphère et peut provoque un refroidissement temporaire ; on y voit aussi de rares nuages noctulescents et bien sûr, il y a la couche d'ozone qui nous y protège des dangereux rayons UV et son trou qui est lentement en voie de se résorber.


Jennifer Francis de l'Université de Rutger
La 2e loi de la thermodynamique stipule en gros : que la chaleur se transfère toujours vers le froid, et nous avons justement un surplus de chaleur...

L’épaisseur de la troposphère varie de 8 km aux pôles à 15 km au-dessus de l'équateur tout simplement parce que l'air chaud occupe plus de volume que l'air plus froid.



Les informations et graphiques qui suivent proviennent de cette conférence (en Anglais) par Jennifer Francis.

Remarque 1 - L'air chaud de l'équateur descend une pente vers les pôles et c'est un des motifs qui explique l'amplification polaire (le réchauffement plus rapide des pôles et en particulier l'Arctique). C'est toujours à l'équateur qu'il fait en moyenne, le plus chaud (voir cet article antérieur).

Remarque 2 - C'est la différence de températures entre l'équateur et les pôles (le gradient polaire) qui régule la puissance des courants-jet polaires. Quand cet écart est réduit, c'est-à-dire quand l'Arctique se réchauffe comparativement à l'équateur, cela affaiblit le courant-jet et lui fait faire des méandres Nord-Sud de plus en plus importants.


Ces méandres Nord-Sud augmentent aussi  le transport de la chaleur vers l'Arctique déjà très mal en point, et encore davantage cet hiver.

Les températures en Arctique cet hiver ont encore été anormalement chaudes (bien pire que les dernières années) ; parfois plus de 20°C et même 30°C au-dessus de la moyenne le tout accompagné par beaucoup de nuages, de pluie et de vent, (article antérieur). Ça s'est poursuivi en janvier et février 2017.

C'est l'automne que se produit le plus de réchauffement dans l'Arctique et c'est à cette période, suite à l'été, que l'océan Arctique est le plus chaud.

 

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     Perte d'albédo


À mesure que l'Arctique et l'Antarctique se réchauffent, il y a moins de surfaces blanches qui réfléchissent le rayonnement solaire vers l'espace, ce qui accroît le réchauffement aux pôles.
Selon la Dre. Francis, l'eau sans glace a un albédo de seulement 2% ; ce serait donc 98% du rayonnement solaire qui participerait au réchauffement des océans Arctique et Antarctique quand les banquises y fondent.

Cette vidéo montre comment et à quelle vitesse la glace de l'Arctique fond et est évacuée dans l'Atlantique Nord, un peu comme si l'Arctique malade, vomissait sa glace dans le détroit de Fram.

Pour avoir les sous-titres en Français, il faut :
1- Clic sur le bouton à gauche de l'engrenage
2- Clic sur l'engrenage puis sur sous-titres
3- Clic sur Traduire et une nouvelle fenêtre apparaît
4 Choisir Français (La traduction est imparfaite)
NB. Il m'arrive de devoir mettre sur pause pour avoir le temps de lire/comprendre le texte qui n'est pas très exact.

     Voyons l'état du courant-jet aujourd'hui...

Source : Earth Nullschool
Toujours disloqué et mal en point... il serait aux soins intensifs si c'était un humain.

Le courant-jet aussi transporte de la chaleur vers l'Arctique, surtout à cause des méandres Nord-Sud qu'il a développé depuis environ une décennie et qui s'amplifient au point de le disloquer.

Une hypothèse est que la température des masses d'eau chaudes et froides dérèglent aussi la trajectoire du courant-jet ou semblent favoriser ce qu'on nomme le "blocage" ; le courant-jet fait du sur place et les systèmes météo restent coincés ou suivent le même trajet l'un après l'autre. Ce serait une des causes des tempêtes et inondations hivernales successives qui ont affligé l'Angleterre quelques années de suite. Les recherches sont en cours pour comprendre les causes et conséquences des dérèglements du courant-jet car c'est le moteur météo de loin le plus important de l'hémisphère Nord.

     Les courants marins

L'océan Arctique, en plus de se réchauffer lui-même parce que albédo diminue, l'eau chaude venue d'ailleurs remonte dans l'Arctique et participe aussi au réchauffement et à la fonte des plates-formes de glace qui retiennent glaciers et inlandsis.

93,4% de la chaleur s'engouffre dans les océans. Cela veut dire que si tout le surplus de chaleur qui s'est engouffré dans les océans à cause du réchauffement climatique se retrouvait "miraculeusement" dans l'atmosphère, le réchauffement atmosphérique qu'on nomme "réchauffement global" serait de plus de 35°C au lieu de 1,2°C... L'eau étant plus dense que l'air, cela lui permet d'emmagasiner beaucoup plus de chaleur. La couleur sombre de l'eau y est aussi pour une bonne part.

Carte des anomalies de température. On voit le Gulf Stream le long de la côte Est de l'Amérique remonter vers le Nord et s'étioler aussi vers l'Est.

Ci-dessous, le courant Kuroshio (semblable au Gulf Stream) passe au Japon et une partie se dirige vers le Nord (la chaleur se déplace toujours vers le froid) et pénètre dans l'océan Arctique via le détroit de Béring entre l'Alaska et la Sibérie.


     Une cause inattendue à l'amplification Arctique

Les aérosols, vous connaissez? Avez-vous déjà entendu parler d'assombrissement global? C'est un sujet plutôt complexe qui mérite un article à lui seul... (un autre projet).

Les impacts des aérosols sur le climat sont doubles ; certains comme le SO2 refroidissent le climat et d'autres, notamment ce qu'on appelle le "carbone noir" (suie), contribuent au réchauffement même s'ils réduisent aussi "l'ensoleillement". Il y a une multitude de types de particules dans ce qu'on nomme les "aérosols". Ces particules demeurent  moins d'un mois dans l'atmosphère mais nous en produisons en continu.

Grâce aux mesures visant à améliorer la qualité de l'air, nos émissions de particules de SO2 ont considérablement diminué dans certaines parties de l'hémisphère Nord au cours des trois dernières décennies. La tendance au refroidissement global causé par les aérosols a commencé à s'inverser vers 1990 (source en Anglais).

Une partie de ces particules qui diminuait partiellement le réchauffement de l'Arctique ne sont plus là, conséquence : cela a contribué à accélérer le réchauffement de l'Arctique, et ailleurs dans l'hémisphère Nord évidemment.

L'étude (en Anglais) conclut que suite aux réductions des émissions de particules fines en Europe et en Amérique, que l'Arctique a subi un réchauffement équivalant à 0,3 W/m2 (3 dixièmes de watt par mètre carré) à cause de cette baisse de pollution au SO2.

Il faut savoir que si on cessait notre pollution atmosphérique demain matin, notre climat se réchaufferait en moins d'un mois, mais difficile de dire de combien, on dit que les aérosols ont réduit du tiers le réchauffement global, soit environ 0,4°C à 0,5°C, mais ce débat n'est pas clos, d'autres parlent de 1°C mais si on vous mentionne plus que cela, c'est simplement pour vous faire peur ; on vous manipule par la peur, c'est un truc vieux comme le monde. 

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L'Arctique n'a pas été aussi chaud depuis 2,5 millions d'années révèle cette étude en Anglais. C'est en étudiant le dernier vestige de la calotte glaciaire de Barnes situé dans la Terre de Baffin dans l'Arctique Canadien que les scientifiques en sont venus à cette conclusion
Calotte glaciaire de Barnes dans l'Arctique Canadien.

      Smog

Le terme "smog" est une contraction des mots "smoke" (fumée) et "fog" (brouillard).

Voici Londres dans son smog en 1952... les gens mouraient par centaines sans qu'on ne comprenne pourquoi. Ils ont enfin compris et décidé de limiter la consommation de charbon, ce qui a éclairci leur atmosphère et sauvé des santés et des vies...

L'histoire se répète... Voici Londres dans le smog en 2017... Presque toutes les grandes villes sont désormais prisonnières de leur smog plusieurs journées par année.

Malgré tous les instruments de vols disponibles, une centaine de vols ont dû être annulés. Article source.
Dans les techniques de Géo-ingénierie, on parle de répandre du SO2 dans la stratosphère. Apparemment, ces gens ont déjà oublié que le SO2 causait les pluies acides qui détruisent l'environnement.

Ça vaut la peine de souligner que le seul responsable est notre modèle économique à la croissance perpétuelle obligatoire sur un monde qui n'est pas infini ; et ses consommateurs aveuglés par le marketing qui suscite l'envie, pas le raisonnement.
On se fait et on se laisse manipuler ; il faut se fier aux faits et non pas aux opinions.